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Xavier Margairaz ou la bataille contre l’oubli

5 novembre 2014

Football – Tant à la recherche d’un club que d’un véritable projet, le Nord-Vaudois a, à l’invitation du Club des Milles, évoqué sa situation compliquée. Confidences.

Xavier Margairaz n’a pas caché son plaisir à échanger avec les membres du Club des Milles. Un sentiment partagé. © Lionel Pittet

Xavier Margairaz n’a pas caché son plaisir à échanger avec les membres du Club des Milles. Un sentiment partagé.

Xavier Margairaz est un homme discret. A tel point que, dans le milieu du football, comme il le répète lui-même, on semble parfois l’avoir oublié, parce qu’il ne joue plus. A 30 ans, sans club depuis son passage à Servette en fin de saison passée, le gosse de Rances (et Valeyres) n’en a pourtant pas fini avec ses rêves de carrière dans le foot. «J’aimerais jouer peut-être trois ou quatre ans, encore», dit-il, à la recherche d’une équipe.

Hier, invité par le Club des Milles, il a rappelé son parcours, évoqué les bons moments comme les plus difficiles. Il a aussi répondu aux questions des membres du groupe de soutien d’Yverdon Sport. Sans se départir de sa réserve naturelle, comme toujours, mais aussi avec sincérité.

Sa carrière – «C’est mon frère, Sacha, qui m’a donné l’envie de jouer au foot», débute-t-il son histoire, devant l’audience réunie au Kalaya. Ce goût pour le ballon rond, il le développe dans la cours d’école, avec les amis, puis sur le terrain du village. Sa trajectoire le mène alors à Yverdon, puis Lausanne, où il suivra la filière sport-études. Il fait ses premiers pas en LNA à 17 ans, auteur d’un audacieux petit pont, sur un joueur des Young Boys, qui fera sa renommée. Le voilà entré de plein fouet dans le milieu du professionnalisme. Il quitte le LS, après la faillite, pour se rendre à Xamax, où il poursuit sa progression. «Puis, on m’a dit que si je ne partais pas au FC Zurich, le club allait aussi faire faillite. Alors je suis parti», se souvient le natif d’Orbe.

Sous la houlette de Lucien Favre, il gagne deux fois le championnat, est sélectionné pour le Mondial 2006 avec la Suisse et file en Espagne, à Pampelune, l’été suivant. «Mais je n’ai joué que six mois avec Osasuna. Après, j’ai été blessé durant une année.» Il revient alors à Zurich, puis porte les couleurs de Sion et de Servette, son dernier club. «J’ai un peu tout connu, dit-il. La chance de gagner des titres, l’attente, le chômage. Avec le recul, je referais les mêmes choix.»

Sa blessure à Osasuna – Elle est arrivée au plus mauvais moment, alors qu’il trouvait ses marques en Liga. «Mais j’essaie de voir le bon côté des choses. Sans me blesser, je n’aurais pas rencontré ma femme ni eu mes enfants. Je me suis construit en tant qu’homme», affirme le trentenaire, passé quatre fois sur le billard pour ses genoux. Des trop nombreuses galères dont il essaie de tirer un maximum: «Bien sûr, j’ai parfois eu envie de tout abandonner. Mais c’est dans ces moments qu’on en apprend le plus.»

Son avenir – La flamme, Xavier Margairaz l’a toujours, brûlante. Alors, il discute, fait des essais, a des contacts, cherche un projet qui corresponde à ses attentes, livre bataille pour exister en tant que footballeur, en somme. «J’ai besoin d’un contexte sain, où je puisse m’exprimer. Et avec un projet, car pour être performant, j’ai besoin d’être stimulé», lance-t-il. Oui, il a refusé des offres, car il pensait qu’il ne se sentirait pas épanoui. Oui, il sait qu’il risque de se retrouver sans rien. Alors, il se donne jusqu’en février pour dénicher son bonheur, en Suisse ou à l’étranger. «Si un contrat se présente, tant mieux. Sinon, il y a des tas de domaines qui m’intéressent, comme de transmettre mes connaissance aux jeunes, et hors du football aussi», glisse-t-il, lui qui s’entraîne avec Le Mont jusqu’à Noël. Il fera le point après les Fêtes.

Le cas Sion – Son fameux coup de sang et de gueule, en se dirigeant, fou de rage, vers Christian Constantin, le président sédunois, le Nord-Vaudois l’explique ainsi: «J’en suis le seul responsable, car je savais comment ça se passait là-bas. Mais il y a eu un trop plein. Je voyais mes coéquipiers maltraités, ce groupe abattu et sans réaction. Ça me révoltait. Tout est sorti d’un coup.» Le contentieux n’est, depuis, toujours pas réglé. Les tribunaux auront le dernier mot.

Des choses à exprimer, Xavier Margairaz en a encore beaucoup. Sur le terrain avant tout, celui de la reconquête, pour ne pas être oublié, lui, le meneur de jeu au pied gauche unique.