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60 ans de passion des boîtes à musique

30 juin 2015

L’Auberson – Le Musée Baud fête un anniversaire important cette année. Retour sur l’histoire de cette vitrine d’un patrimoine régional collecté avec énergie et conviction.

Arlette Baud, à côté d’une boîte à musique à disque. Un héritage familial mis en exposition dans l’établissement de L’Auberson. © Michel Duperrex

Arlette Baud, à côté d’une boîte à musique à disque. Un héritage familial mis en exposition dans l’établissement de L’Auberson.

L’histoire du Musée Baud, aux 60 ans d’existence, c’est avant tout celle d’une famille de passionnés, bien décidée à faire rayonner un savoir-faire façonné par les artisans du Balcon du Jura. Un univers auquel Arlette Baud, l’une des héritières, n’imaginait pas lier son destin. «Dans ma jeunesse, je suis partie apprendre les langues en Angleterre, en Suisse allemande et au Tessin. Je m’étais dit que je ne retournerais jamais dans ce bled», déclare-t-elle.

Non contente de revenir à L’Auberson, elle gère, en 1963, la partie administrative de l’entreprise consacrée à la réparation, à la vente et à l’achat de pièces à musique en tous genres créée par son père et ses deux oncles en 1946, pour répondre à la demande croissante de l’après-guerre. La fratrie marche sur les traces du grand-père d’Arlette, Auguste Baud, qui effectuait des travaux de rhabillage et de restauration de boîtes à musique anciennes à côté de son labeur à la ferme.

Le «Phonoliszt Violina». © Michel Duperrex

Le «Phonoliszt Violina».

En plus de donner une seconde vie à ces tranches de patrimoine régional, les frères Baud les collectionnent. Le musée, créé en 1955, met en lumière certains objets d’exception -boîtes à musique, oiseaux chanteurs, automates et orgues de foire, notamment. Chacun d’entre eux a son histoire propre. Arlette Baud évoque, par exemple, celle du «Phonoliszt Violina» (voir photo), un instrument peu banal acquis en deux fois. Les trois violons, tout d’abord, puis le piano, que le patron de l’Ecusson, à Yverdon-les-Bains voulait, dans un premier temps, conserver. Lorsqu’ils achètent l’instrument manquant, les frères Baud apprennent que le dépôt de la Cité thermale où étaient stockés les violons avait changé de propriétaire. Ils finiront par mettre la main dessus. La restauration de cette pièce unique, qui ne manque pas de susciter l’admiration des visiteurs, a pris fin en 2003, avec l’appui de l’association des Amis du musée.

Aujourd’hui, ils sont en moyenne 10 000 visiteurs à se rendre chaque année à L’Auberson pour admirer les quelque 55 pièces que regroupe l’exposition. «Il y a environ un tiers de Suisses, un tiers de Français. La dernière partie provient d’autres pays», relève Arlette Baud. Elle recense, au fil de l’histoire du musée, certains hôtes de marque, dont Charlie Chaplin -«J’ai été impressionnée par le nombre de personnes qui l’accompagnaient»-, et le chef d’orchestre Roberto Benzi.

Des cousins aux commandes

Les trois frères, Fredy, Auguste et Robert Baud, ont cherché à valoriser le patrimoine qu’ils aimaient tant en créant un musée. DR

Les trois frères, Fredy, Auguste et Robert Baud, ont cherché à valoriser le patrimoine qu’ils aimaient tant en créant un musée.

Le musée a été repris en 1995 par Arlette Baud et son cousin, Michel Bourgoz. Ce dernier, formé au contact de ses oncles, exerce ses talents, essentiellement dans la réparation des claviers et de toute la partie musicale des pièces restaurées dans l’atelier, où il est épaulé par deux collaborateurs. Le délai d’attente est d’une année environ, tant il est difficile de rencontrer ce type de savoir-faire à l’heure actuelle. Michel Bourgoz veille également au bon fonctionnement de la collection du musée, afin de garantir au public la possibilité d’écouter les mélodies.

Âgés de 74, respectivement 58 ans, Arlette Baud et son cousin sont à la recherche de solutions pour pérenniser l’héritage de leurs aïeux. Au-delà de ces préoccupation, ils annoncent un week-end pour commémorer l’anniversaire du musée, à la salle de gymnastique de L’Auberson.

Au menu, samedi 12 septembre dès 18h, soirée festive, puis, dimanche 13 septembre, dès 10h, brocante de musique mécanique.