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Commune et opposants feront recours à Yvonand

15 mai 2009

Les opposants à la gravière d’Yvonand ne s’avouent pas vaincu! Réunis en assemblée générale mardi dernier, les membres de l’Association des opposants à la gravière d’Yvonand (AOGY) ont décidé de recourir contre la décision de la cheffe du Département de la sécurité et de l’environnement (DES) Jacqueline de Quattro d’adopter le plan d’extraction, de comblement et d’octroi simultané du permis d’exploiter au lieu-dit Les Frouyes. Pour rappel, le projet avait suscité un plus de 430 oppositions, dont celle de la Commune, lors de la mise à l’enquête, l’année dernière.

Selon l’association, l’argumentaire envoyé par le DES n’est pas béton. «De graves lacunes et incertitudes demeurent notamment sur le plan technique, précise-t-elle. Celles-ci rendent donc toute appréciation et conclusion fournies clairement discutables tant sur la forme que sur le fond.»

Loin de s’être tournés les pouces en attendant la réponse du service, relève Philippe Beutler, président de l’association, les opposants disposent aujourd’hui de deux rapports d’expertise qui démontrent les lacunes en question: «Celles-ci se rapportent en grande partie à l’hydrogéologie.»

«Les conclusions des différents services consultés ne sortent pas d’un chapeau, répond Jean-Daniel Dubois, du Service des eaux, sols et assainissement du Canton. Modifié, remis à l’enquête et étudié par des gens compétents, le projet respecte toutes les bases légales. Mais nous nous attendions à ce recours. Que les opposants contestent le dossier technique fait partie du jeu. C’est leur droit.»

Selon Jean-Daniel Dubois, la durée des démarches administratives a peut-être contribué à la hausse de température dans le village nord-vaudois: «Le fait que la Municipalité ne soutienne par le projet, n’y trouvant aucun intérêt économique, n’est pas pour nous faciliter les choses.»

Avec effectivement pour alliée la Commune, qui a également décidé de faire recours, l’AOGY continue donc son combat contre un projet diminué. Il prévoit aujourd’hui l’extraction de quelque 120 000 m3 et le comblement par des matériaux d’excavation sains.

Pour l’Etat et le futur exploitant Yves Busset, la gravière nord-vaudoise devrait éviter le transport de gravier étranger, tout en approvisionnant les futurs chantiers régionaux. Elle figure par ailleurs comme site prioritaire dans le plan directeur des carrières.