Covoiturage à la sauce transfrontalière
19 septembre 2012Une politique volontariste devrait permettre de diminuer le flux des voitures entre la France et la Suisse.

Sandra Brazzini (Mobilidee), Raphaël Darbellay, syndic de Ballaigues, et le conseiller d’Etat Pascal Broulis.
Si d’aucuns s’interrogent parfois sur l’action des organismes transfrontaliers, celle qui a été lancée hier à Ballaigues devrait permettre de démontrer la nécessité d’une collaboration entre la Suisse et la France pour résoudre certains problèmes, dans le ceux inhérents aux flots de voiture qui, chaque matin de jour ouvrable, déboulent de ce côté-ci du Jura, avant de reprendre le chemin inverse en fin de journée.
«Il y a une communauté de destin entre la Suisse et la France», a lancé Pascal Broulis, conseiller d’Etat vaudois et co-président de la CTJ, en préambule à la présentation du projet de covoiturage, auquel participent l’ADAEV (Association pour le développement économique de la vallée de Joux), l’ADNV (Association pour le développement du Nord vaudois), l’Agglomération urbaine du Doubs, le Pays du Haut-Doubs, le Pays Horloger et le Canton du Jura, et bien entendu, les partenaires incontournables que sont les entreprises et associations de frontaliers.
Trois entités géographiques
Si ce projet, qui est d’ores et déjà lancé -une action de sensibilisation a eu lieu hier sur le site de Nestlé à Orbe-, a été présenté à Ballaigues, cela tient au fait que le Nord vaudois-vallée de Joux est la première région à bénéficier de cette action, dont le budget, co-financé par les collectivités publiques et le Fonds européen de développement des régions (FEDER), dépasse 613 000 euros.
Le canton du Jura, en novembre, puis la région Morteau-Le Locle-La Chaux-de-Fonds, en mars prochain, suivront.
Centrale téléphonique
Le covoiturage est promu depuis longtemps, mais, selon Sandra Brazzini, de Mobilidée, société genevoise en charge du projet, les formalités sur internet découragent la plupart des personnes intéressées. En créant une centrale téléphonique, qui prend les inscriptions, met en contact les automobilistes et répond aux questions, cet écueil devrait être contourné.
L’objectif est de réduire de 20% le nombre des voitures de frontaliers transitant quotidiennement entre la France et la Suisse, et qui, comme l’a rappelé Raphaël Darbellay, syndic de Ballaigues, créent d’importantes nuisances en s’engageant sur la route cantonale lorsque l’autoroute est saturée.
Le réseau de parkings, sur France -Pontarlier en a mis un de 600 places à disposition- est bien évidemment un maillon capital du dispositif, a souligné le maire Patrick Genre.
Maillefer en exemple
Directrice des ressources humaines de Dentsply Maillefer Instruments, à Ballaigues, Patricia Eisenring a annoncé que son entreprise allait mettre en service, en novembre, un bus entre Pontarlier et Ballaigues. Cette société continuera à encourager le covoiturage, au même titre que les Usines métallurgiques de Vallorbe (UMV), les EHNV, Cablecom Suisse Romande (Yverdon), SICPA (Chavornay) et Nestlé (Orbe).