Baulmes – Humaniste dans l’âme, Didier Deriaz a sillonné le monde, appareil photo en main, avant de revenir habiter dans son village natal. En mars prochain, il sort un ouvrage sur le spectacle «Claquettiste».
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Par sa fenêtre, Dider Deriaz aperçoit Baulmes, le plateau vaudois et les Alpes, qu’il ne cesse de photographier.
Après plus de 36 ans à voyager aux quatre coins de l’Afrique, ce photographe baulméran ne pensait pas, un jour, réintégrer la maison de son enfance. Réinséré dans la vie villageoise, un heureux concours de circonstances lui a permis de publier deux livres. Le premier, «Baulmes, village du Nord vaudois», en juin 2016, qui met à l’honneur la commune sous toutes ses coutures. Le deuxième, «Claquettiste, un voyage extraordinaire», qui documente la préparation de la comédie théâtrale et musicale présentée à la carrière des Rochettes, à Baulmes, l’année dernière.
«Rien de tout ça n’était prémédité, mais tout s’est plutôt bien goupillé !», sourit Didier Deriaz. Tout commence en 1968, lorsque le jeune Baulméran décide de quitter son village natal. Il part à Bâle suivre des études de dessinateur architecte, puis devient surveillant de chantier. Grâce à des connaissances dans le milieu du cirque, il emménage dans une roulotte.
«C’était la belle époque. Les soirées, la musique, mais aussi la fréquentation des milieux politiques de gauche, ce qui m’a vraiment forgé», raconte Didier Deriaz. Parallèlement, il suit des cours de photographie et décroche le poste de photographe officiel du Théâtre de Vidy, à Lausanne. «J’avais déjà chopé le virus de la photographie dans les années soixante, mais là je pouvais vraiment essayer de vivre de ma passion.»
L’Afrique, l’aboutissement
Mais ses envies de voyage le titillent. Sur un coup de chance, il est engagé à la Direction du développement et de la coopération (DDC), agence de coopération internationale de la Suisse, afin d’effectuer des missions en Afrique. «L’organisation cherchait un jeune photographe pouvant porter un oeil neuf sur ce continent. Et là, c’est la révélation. Mes photos ébahissent mes supérieurs et je tombe amoureux de l’Afrique.» Pendant dix ans, il parcourt la Côte d’Ivoire, le Cameroun, la Haute-Volta, aujourd’hui renommée Burkina Faso, et le Niger. «Je voulais montrer le quotidien des populations, les côtés positifs, mais aussi la pauvreté massive», se rappelle le photographe de 70 ans. Un engagement militant qui lui donne envie de faire de l’humanitaire. En 1983, il rencontre Eugénie, une Rwandaise, qui deviendra sa femme et la mère de ses filles. Ensemble, ils intègrent l’ONG Swissaid.
Retour aux sources
En 2004, le couple décide de s’installer dans la vieille bâtisse familiale de Baulmes, aujourd’hui rénovée et redécorée aux couleurs de l’Afrique. «Après le décès de ma mère, je ne souhaitais pas vendre la maison. Puis, je me sens bien dans ce bled, même si la population a changé en 36 ans !», lance Didier Deriaz, tout sourire. Là commence une nouvelle aventure photographique, qui dure depuis plus de douze ans.
«Compulsivement, je faisais des clichés des maisons, de la population, des montagnes alentours, des matchs de football, comme un travail journalistique, au gré des saisons et des lumières. J’ai décidé d’en faire un livre. Vous savez, tout peut être amené à disparaître. Il est important de conserver une archive sur papier, qui fixe les souvenirs», confie-t-il. Son ouvrage s’est vendu à 140 exemplaires, principalement aux Baulmérans et à la Commune.

Le spectacle «Claquettiste» a été crée par Nadine Perrusset, metteuse en scène et voisine de Didier Deriaz.
«Baulmes est assez méconnue, mais tellement passionnante, dans ce qu’elle a d’immobile et dans ce qu’elle a de vivant, révèle Didier Deriaz, et ces trois dernières années, grâce au spectacle «Claquettiste», il y a eu beaucoup de vie !», s’exclame le photographe. La comédie musicale, narrant l’histoire d’un jeune Baulméran prêt à tout pour vivre ses rêves, a attiré près de 10 000 spectateurs. «C’était incroyable de photographier ces jeunes amateurs passionnés. J’ai pris plus de 300 photos, afin que tous les participants puissent se retrouver dans le livre.» Quelque 600 exemplaires seront mis en vente en mars prochain, pour le plus grand plaisir des Baulmérans, mais aussi pour tous les passionnés de photographie.