Nord-vaudois – La Commune de Montagny-près-Yverdon a signé un contrat de prestation avec sa voisine Grandson, afin de bénéficier d’un service d’assistance en matière de sécurité publique.

De g. À dr.: l’agent de sécurité publique Didier Mast et les municipaux des deux communes Francesco Di Franco et Pierre-Alain Lunardi.
Didier Mast, un ex-policier de Renens devenu assistant de sécurité publique (ASP), sillonne, depuis le 1er janvier, les rues des villages de Grandson et de Montagny-près-Yverdon, afin d’assurer différentes tâches, telles que l’application du règlement général de police, une présence préventive, un relais auprès des habitants et le contrôle du stationnement.
Une présence nécessaire
Car, depuis l’entrée en vigueur de la Loi sur l’organisation policière vaudoise en janvier 2012, les communes de Montagny-près-Yverdon et Grandson ont perdu le contrat de prestations qui les liait avec la Police cantonale vaudoise. Cette dernière garantissait, à l’époque, une visibilité personnalisée sur les deux territoires communaux. «En ce qui concerne la sécurité publique, une présence supplémentaire s’est avérée nécessaire dans notre village pour régler, notamment, quelques incivilités», constate Pierre-Alain Lunardi, municipal en charge de la police de Montagny-près-Yverdon.
«Dans une volonté de collaboration et de renforcement des liens entre les deux communes, il nous a semblé judicieux d’établir un partenariat avec Grandson, qui a engagé un nouvel ASP en décembre 2016.»
Depuis le début de l’année, la Cité d’Othon facture donc cent heures de prestations par année à sa voisine. «Notre ASP effectue environ deux heures de service par semaine à Montagny, explique Francesco Di Franco, municipal en charge de la sécurité grandsonnoise. Par ailleurs, d’autres communes environnantes nous ont déjà sollicités, afin de bénéficier du même type de prestation.» Les deux communes ont renoncé à rejoindre Police Nord vaudois pour des raisons financières.
Un travail préventif
Selon Olivia Cutruzzola, porte-parole de la Police cantonale vaudoise, «une soixantaine d’ASP, au bénéfice d’une formation de trois mois à l’Académie de police de Savatan, œuvrent au profit d’une trentaine de communes vaudoises dont la sécurité est assurée par la Police cantonale. Contrairement aux policiers gendarmes, ils ne sont pas armés et portent un uniforme gris. Le commandant de la Gendarmerie vaudoise délègue un officier, afin d’assurer le contact avec les ASP.»
Didier Mast assume une septantaine de tâches pour la localité grandsonnoise, telles que le contrôle du stationnement, les naturalisations, les enquêtes pour divers organes cantonaux, la gestion des manifestations, ainsi qu’il veille au respect et à l’application des lois cantonales. En été, son poste consistera également à se charger de la prévention sur les plages.
Cet ancien agent de police assure aussi une prévention dissuasive au cœur du village de Montagny-près Yverdon. Par contre, l’ASP n’intervient pas dans la zone En Chamard, puisque les commerces sis à cet endroit ont mis en place un système privé de sécurité. «En été, on compte quelques rassemblements de jeunes sur la zone publique. En général, cela ne pose pas de problèmes, sauf lorsqu’ils dépassent l’heure réglementaire fixée à 22h et qu’ils consomment de l’alcool de manière abusive et des stupéfiants, poursuit le municipal. L’ASP doit enfin à endosser un rôle de médiateur, notamment lorsqu’il y a des problèmes de voisinages. Les deux hommes se retrouvent une fois par mois pour une séance. «C’est un système qui fonctionne bien», conclut, satisfait, Pierre- Alain Lunardi.
L’exemple tapa-sabllia
La Commune d’Yvonand a engagé un ASP à 100% pour garantir la sécurité sur tout son territoire. «Son cahier des charges consiste à assurer la sécurité publique de notre commune, plus particulièrement lorsqu’il y a une forte affluence touristique, durant la période estivale», explique Guy-Daniel Beney, municipal tapa-sabllia en charge du dicastère de la police. D’un point de vue financier, la Commune participe à la péréquation cantonale de la réforme policière pour un coût annuel d’environ 100 000 francs net et assume la totalité des charges salariales de l’ASP. Quant à la question d’intégrer le réseau de la Police Nord vaudois, la question n’a pas été étudiée.