Mauborget – Sylvie Villa est la candidate PDC de l’Alliance du centre au Conseil d’Etat. Rencontre avec cette femme pleine de dynamisme.

Sylvie Villa nous a reçu hier matin à son domicile de Mauborget, d’où elle domine la plaine, avant la rencontre des candidats régionaux de l’Alliance du centre au Grand Conseil organisée dans son village.
S’il fallait faire ressortir une constante du riche parcours de Sylvie Villa, il s’agirait indéniablement de sa capacité à oser changer pour avancer. Parfois, la décision n’est pas facile à prendre. A l’image de la rupture avec son mari, après une union trentenaire conjuguée, presque simultanément, à sa démission du poste de cheffe du domaine ingénierie et architecture à la Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO).
Ce virage pluriel l’a conduite à Berlin, dont elle a goûté, dix-huit mois durant, «le vent de liberté». De retour en Suisse en 2014, le parti dans lequel elle a repris du service n’était pas celui de ses premiers pas politiques. Conseillère communale sainte-crix et députée sous la bannière socialiste, elle avait, en effet, opté pour l’indépendance, face au dogmatisme qu’elle reprochait au PS, puis rejoint, en 2011, le Parti démocrate- chrétien (PDC). «Il était important pour moi d’avoir un lien avec les racines chrétiennes. Une foi vivante m’anime», déclare la quinquagénaire, par ailleurs sensible à la dimension historique du PDC, dont elle est la présidente des membres féminines à l’échelle du canton.
Surprise de découvrir son nom sur la liste des candidats au Conseil national, la municipale de Mauborget avait relevé le défi. Sa mise à disposition de son parti pour le Conseil d’Etat vaudois correspond, en revanche, à un dessein. «Lorsque je suis entrée au PDC, j’ai tout de suite manifesté mon intérêt. Je suis une femme d’Exécutif, d’action», relève Sylvie Villa.
Innovations académiques
Cette mère de quatre enfants puise dans son parcours professionnel pour se légitimer. Doyenne à la Haute-école d’ingénierie et de gestion (HEIG-VD), elle a chapeauté la mise en place d’un suivi personnalisé dans le cadre de la refonte liée au processus de Bologne. «L’enseignement par modules de cours se calque sur les besoins des étudiants de Bachelor. Des économies conséquentes ont été réalisées en terme de masse salariale et les enseignants ont pu dédier davantage de temps à leurs recherches», se félicite-t-elle. L’adaptation de la démarche aux cinq sites de la HES-SO, à travers le «Master of Science in Engineering », a favorisé, selon elle, la mobilité et le réseautage au niveau romand. «Le tissu industriel profite de ces échanges. Ce master est le seul de la haute école spécialisée a avoir toujours dégagé des bénéfices -plus d’un million en 2015», relève Sylvie Villa.
Polyvalence
La formation n’est pas le seul domaine dans lequel elle se verrait volontiers évoluer au sein du Gouvernement vaudois. L’économie attire également cette entrepreneuse dans l’âme, impliquée dans le lancement de deux nouvelles structures. La première d’entre elles -Kizuku Café-, est un établissement veveysan. Ouvert depuis début décembre, ce dernier met en avant les produits de la boutique de design tenue par sa fille. «C’est un moyen de se diversifier répandu dans les pays nordiques. J’ai obtenu ma licence dans l’hôtellerie et la restauration auprès de Gastrovaud l’automne dernier. Je serai au service un week-end sur deux», précise l’habitante du Balcon du Jura.
Challenge horloger
Le second projet, ficelé avec son compagnon, est encore plus récent. La société «Wire Art Switzerland», dont elle gérera la recherche et développement, ainsi que le design artistique, a pris ses quartiers au Technopôle sainte-crix au début du mois. La marque de fabrique de l’entité ? La décoration de cadrans de montres au moyen de fils d’or soudés.
Dans son défi politique du moment, Sylvie Villa a une nouvelle fois prouvé qu’elle ne craignait pas de bouleverser les codes. Le slogan «cohatiforce» n’est autre que l’assemblage des mots «cohésion», «créativité» et «force» choisit par son groupe de travail pour la campagne de l’Alliance du centre : la coalition de cinq partis -Vaud Libre, l’Union démocratique fédérale (UDF), le Parti bourgeois démocratique (PBD), le Parti évangélique suisse (PEV) et le PDC- dont elle défendra les couleurs en compagnie de Serge Melly (Vaud Libre).
Une militante de l’égalité des chances
Fille d’une militaire de carrière, Sylvie Villa a conjugué son enfance et son adolescence avec autonomie et liberté, au sein de nombreux centres et familles d’accueil. Arrivée à Genève à l’âge de 17 ans, après avoir fugué de l’un de ces centres, elle était la seule représentante féminine sur les 320 étudiants de l’École des métiers. Il en était de même lorsqu’elle a effectué sa formation du soir en micro-électronique à Lausanne. Ardente partisane de l’égalité des chances, Sylvie Villa souhaite susciter l’intérêt des jeunes femmes pour l’ingénierie à travers son projet Lyva (www.lyva.ch).