Le Chenit – Peu après le scrutin sur les éoliennes de «Sur Grati», c’est au tour des citoyens de la commune de décider du sort du projet qui les concerne. Les partisans lancent leur campagne.
La valorisation des ressources combières en énergie renouvelable fait partie des missions attribuées à la Société électrique de la Vallée de Joux S.A. (SEVJ). Eoljoux, qui prévoit l’implantation de sept éoliennes sur l’alpage des Grands Plats de Bise et de Vent, veut répondre à cet objectif. Onze ans après le lancement de ce projet et quelques mois après le scrutin favorable à «Sur Grati», à Vallorbe, la population du Chenit devra décider si elle accepte ou non de voir s’élever ces machines d’une hauteur maximale de 210 mètres sur son territoire. Jacques-André Rochat, président du comité de soutien constitué en juin dernier, a indiqué, lors d’une conférence de presse organisée hier, à l’Hôtel de Ville du Sentier, que le référendum spontané, voté par le Conseil communal en novembre de l’année dernière, aurait lieu le 25 septembre prochain.
Rencontres avec la population
D’ici là, le groupe de sympathisants composé, pour l’heure, d’une vingtaine d’habitants de la vallée de Joux, envisage différentes actions sous le slogan «Eoljoux, oui vraiment » pour renseigner et convaincre, mais aussi pour «faire contrepoids aux informations ou déclarations erronées et mensongères des opposants de principe». La page Facebook du comité sera un des outils utilisés. Sa responsable, Stéphanie Buttet, a suivi de près, en «pure Combière», les débats générés par Eoljoux sur les réseaux sociaux. Lasse d’y lire «tout et son contraire», elle s’est documentée et espère que ses concitoyens soutiendront, comme elle, une production et une consommation d’électricité locales (ndlr : les 55 millions de de kWh par an escomptés couvriraient les besoins de la Vallée), par le biais d’un projet dont 99% des matériaux seront recyclés ». La modification provisoire du paysage -le site serait exploité trente ans- et l’ambition de soutenir la sortie du nucléaire sont d’autres arguments avancés par le comité de soutien, qui invite toute personne souhaitant le rejoindre à contacter Jacques-André Rochat.
Directeur d’Eoljoux S.A., le municipal Laurent Reymondin est plutôt confiant quant à l’issue du vote, sur la base des témoignages récoltés jusqu’ici. «Les gens ont plutôt tendance à nous demander quand les éoliennes seront là», commente-t-il.
Dans l’attente d’une décision fédérale
L’intervention a nécessité le déploiement d’un tonne-pompe et de quatre sapeur-pompiers. Simon Gabioud A l’image de celle des autres projets éoliens régionaux, l’histoire d’Eoljoux n’est pas un long fleuve tranquille, loin s’en faut. En novembre dernier, les conseillers communaux du Chenit ont été accueillis par une cohorte d’opposants avant leur séance qui s’est soldée par la validation du Plan partiel d’affectation. Ce même organe délibérant a classé, en avril dernier, la pétition demandant «de renoncer au parc éolien des Grands Plats et d’évaluer toutes les alternatives à ce projet destructeur» dotée de plus de 1700 signatures, dont de nombreux paraphes de citoyens français. La commune voisine de Bois-d’Amont, située au pied de la crête destinée à accueillir les éoliennes, est, en effet, le théâtre d’un mouvement de contestation. Les opposants y ont créé une association, au même titre que des homologues combiers. D’autre part, cinq associations ont déposé un recours commun contre Eoljoux, sur lequel le Tribunal cantonal doit se prononcer et les porteurs du projet sont dans l’attente d’une décision de la Confédération concernant le retrait de l’Inventaire fédéral des paysages (IFP), qui implique que le site, jugé d’une grande valeur, mérite une protection particulière.