Karting – Le Bavoisan de 13 ans a terminé 4e du Vega Trofeo alors qu’il vient de commencer à rouler. Le jeune pilote est incroyablement rapide sur la piste et dans sa progression.
Le déclic
Ethan Ischer se souvient d’avoir fait quelques tours de circuit en biplace avec son papa, alors qu’il avait 3 ans. Le début de l’expérience s’était révélé «terrible», assure-t-il. Puis, les tours allant, le petit garçon avait pris goût à la vitesse. Quelques années ont passé et, comme si les sensations étaient remontées en lui, le Bavoisan a eu une véritable révélation devant la télévision et un GP de Formule 1. Il avait 12 ans, c’était en 2019. «À mon réveil, le lendemain matin, j’ai dit à mes parents que je voulais faire ce sport. Je ne les ai pas lâchés jusqu’à ce qu’ils disent oui.» Et ils ont cédé.
D’un coup, d’un seul, l’ancien unihockeyeur plutôt doué – il jouait à l’UC Yverdon et en sélection lémanique – a changé de cap. Il a pris le volant au karting de Vuitebœuf, apprenant les bases de la spécialité auprès de Matthieu Genoud. Devant les progrès réalisés et «pour voir ce qu’il a dans le ventre», son papa a contacté Nicolas Rohrbasser. Le bolide Ethan Ischer était lancé.
Sous la houlette du Genevois, notamment champion du monde loisir de karting, le néophyte bavoisan croche littéralement. Le maître décèle du potentiel chez son élève et l’invite rapidement à tenter sa chance auprès d’une équipe. Un essai plus tard à Wohlen, dans le canton d’Argovie au printemps dernier, et voilà Ethan Ischer qui intègre le Team Spirit. «Pendant tout le confinement, je me suis entraîné physiquement à la maison, ainsi que sur un simulateur, pour être prêt», raconte le jeune homme qui, depuis une année, mange et respire sport automobile.
Le goût de la compétition
Au cours d’une saison particulière et raccourcie, Ethan Ischer a fait ses débuts à 13 ans en compétition dans le cadre du Vega Trofeo. Un championnat réunissant des pilotes suisses et des pays limitrophes.
Trois week-ends de course ont eu lieu sur des circuits en France, et le nouveau venu dans la catégorie X30 juniors a fait du bruit, progressant à chaque tour de piste, à chaque manche, jusqu’à décrocher la 2e place de l’étape finale, le mois dernier.
Sur la grille de départ, il s’est retrouvé parmi les plus jeunes et, surtout, face à des adversaires qui roulent depuis des années, alors que lui a commencé quelques mois plus tôt, au volant d’une machine atteignant les 120 km/h. «Ma première était stressante, mais j’ai pris beaucoup de plaisir et, surtout, j’ai appris plein de choses, relève-t-il. Notamment qu’en qualification, il faut être à fond jusqu’à la dernière minute, et qu’en course, les autres ne font pas de cadeau.»
Doué, le débutant s’est rapidement aguerri et, course après course, il n’a cessé de bousculer la hiérarchie, jusqu’à finir 4e du général de la saison. «À un rien du podium, j’étais un peu triste.» Une déception vite effacée par le fait que ses performances lui permettront de participer aux International IAME Games, dès la semaine prochaine au Portugal. Une épreuve qui réunira les meilleurs pilotes mondiaux de sa catégorie.
Apprentissage accéléré
Avant de pouvoir peut-être, un jour, se glisser dans le cockpit d’une Formule 1, les écueils à franchir sont nombreux. L’un de ceux-ci est financier. Le sport automobile est onéreux, et dénicher des soutiens «est le plus dur», assure Ethan Ischer. Essentiel, aussi.
Accompagné de son papa, il a pris son bâton de pèlerin durant les vacances et est allé taper à de nombreuses portes. «Ethan s’est présenté, il a expliqué ce qu’il faisait. Il s’est impliqué», salue son père, Robert Ischer.
D’un naturel un peu réservé, le jeune et ambitieux Bavoisan apprend néanmoins vite, et pas seulement au volant. Les contours de sa saison 2021 dépendront des résultats obtenus auprès des sponsors. Le pilote aimerait rouler en OKJ – des kartings plus puissants qu’en X30 –, le palier suivant. Cela dit, pouvoir s’entraîner régulièrement et participer à des épreuves internationales revient à plusieurs dizaines de milliers de francs. Au diable la timidité quand on a de grandes aspirations!