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Grandes manœuvres autour de Fly

7 janvier 2014

L’incertitude plane sur l’avenir des magasins Fly, dont celui de Montagny-près-Yverdon, en passe d’être vendus à Conforama. S’annonce une grande valse d’enseignes qui ne devrait pas avoir de répercussion sur l’emploi.

Depuis le début de l’année, les rumeurs enflent autour d’une fermeture du magasin de meubles installé dans la zone En Chamard depuis bientôt 16 ans. La direction se veut rassurante.

Depuis le début de l’année, les rumeurs enflent autour d’une fermeture du magasin de meubles installé dans la zone En Chamard depuis bientôt 16 ans. La direction se veut rassurante.

La rumeur s’est propagée comme une traînée de poudre. Le magasin d’ameublement Fly, installé depuis bientôt seize ans dans la zone commerciale En Chamard, allait fermer ses portes à la fin du mois de février. Pour preuve, l’enseigne liquide actuellement des stocks. Et déjà certains de regretter la disparition d’une enseigne appréciée dans la région. Une fermeture qui aurait par là même réduit drastiquement l’offre commerciale dans le Nord vaudois.

«Nous ne fermons pas le magasin. Les collaborateurs gardent leur emploi», rassure d’emblée Nicolas Probst, directeur général de Fly Suisse (19 magasins pour 350 employés). Pourtant, il n’y a jamais de fumée sans feu. Des grandes manoeuvres se jouent actuellement autour de l’enseigne, et dans le secteur de la distribution d’ameublement au niveau mondial. Dans le giron du groupe Maus Frères, à Genève, jusqu’au début de l’année 2012, Fly Suisse fait aujourd’hui partie de Mobilier Européen, société basée à Mulhouse et propriété de la famille Rapp, 179e fortune française. Le 3 décembre dernier, cette dernière engageait une négociation en vue de la mise en place d’un partenariat stratégique avec Conforama (269 magasins dans huit pays), filiale du conglomérat sud-africain Steinhoff, qui revendique le 2e rang européen de l’ameublement derrière l’inamovible Ikéa. Le but de cette opération est justement de bander les muscles face au géant suédois.

Directeur général de Fly Suisse, Nicolas Probst annonce que plusieurs de ses enseignes deviendront des Conforama ou des Lipo, dans un avenir proche.

Directeur général de Fly Suisse, Nicolas Probst annonce que plusieurs de ses enseignes deviendront des Conforama ou des Lipo, dans un avenir proche.

Ce rapprochement permettrait de regrouper les activités d’approvisionnement et de logistique des deux groupes. Au-delà de la rationalisation des coûts, Conforama pourrait au final acquérir Fly Suisse. «Les négociations ne sont pas encore terminées», prévient encore Nicolas Probst, tout en ajoutant que «tout pourrait aller très vite». L’homme réaffirme que l’ensemble des sites seront conservés. Mais alors comment expliquer la liquidation du stock ? «Même s’ils sont maintenus, une partie des magasins changeront d’enseigne et deviendront soit un Conforama, soit un Lipo (lire encadré). Il y a donc une nécessité de faire diminuer nos stocks au niveau suisse.»

Nicolas Probst ne peut pas encore donner le chiffre des magasins Fly qui seront conservés : «Sept, huit, dix… Je ne sais pas. Rien n’est encore fixé.» Il note qu’après le rapprochement, le groupe occupera le troisième rang sur le marché suisse après Ikea et Pfister. Et d’assurer encore une fois que la valse des enseignes n’aura pas de répercussion sur l’emploi, Steinhoff s’engageant à conserver tous les collaborateurs.

 

«Le site d’En Chamard devrait rester un Fly»

S’il devient effectif, le rapprochement entre les deux grands groupes d’ameublement Steinhoff et Mobilier Européen aura des répercussions très concrètes : une partie des 19 magasins Fly en Suisse sera transformée en Conforama ou Lipo. «Pour l’heure, les négociations sont encore en cours. Nous ne savons pas encore lesquels seront conservés ou changés. Cependant, il y a de fortes chances que le site de Montagny-près- Yverdon demeure une enseigne Fly», relève Nicolas Probst, directeur général de Fly Suisse. «Il existe un projet de Conforama à Neuchâtel. Il ne serait pas opportun d’avoir deux enseignes identiques à une vingtaine de minutes de voiture.» Mais rien n’est encore définitif.

De plus, pour prouver la volonté de rester dans le Nord vaudois, le directeur rappelle qu’il existe un projet d’agrandissement de Jumbo et de Fly.

Mis à l’enquête à l’automne 2011, il est cependant bloqué depuis deux ans par les soubresauts politiques liés à la mise en place du projet d’agglomération yverdonnoise.