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Haiyan vécu par une famille d’Orbe

29 novembre 2013

Ravagées par un typhon, les Philippines pansent leurs plaies. Dans l’inquiétude, la petite communauté philippine de la région s’organise pour venir en aide.

Entre confection de rouleaux de printemps, envoi d’argent et de vêtements, et l’organisation d’un souper de soutien, Diane et sa mère Annie Combe se démènent pour venir en aide à leurs proches.

Entre confection de rouleaux de printemps, envoi d’argent et de vêtements, et l’organisation d’un souper de soutien, Diane et sa mère Annie Combe se démènent pour venir en aide à leurs proches.

Le 8 novembre dernier, le typhon Haiyan atteignait les côtes est du centre des Philippines pour ne laisser derrière lui que ravage et désolation. Depuis ce jour, les ressortissants philippins de Suisse sont quotidiennement à la recherche de la moindre information, parvenant au compte-goutte, de leurs proches restés sur place. C’est le cas de la famille Combe, installée à Orbe.

Annie, 60 ans et sa fille Diane, 32 ans, ont appris la nouvelle de la catastrophe en regardant les informations télévisées. Ce n’est qu’après cinq jours interminables d’angoisse et d’attente qu’elles ont enfin pu établir le contact avec leur famille par l’intermédiaire des réseaux sociaux. «Les premiers jours ont été très durs, raconte Diane. Heureusement, une cousine a été transportée à bord d’un avion de secours américain jusqu’à Manille, la capitale. Elle a ensuite pu se connecter à internet pour nous donner des nouvelles et nous informer que tout le village était détruit.»

Originaire de Tanauan, petite bourgade de pêcheurs située à quelques kilomètres au sud de Tacloban, c’est en 1977 qu’Annie Combe est venue s’installer en Suisse pour rejoindre son mari. «La vie aux Philippines est centrée autour de la famille et à l’âge de 24 ans j’ai voulu découvrir le monde. De la Suisse, je ne connaissais rien. La neige a été une grande surprise par exemple. Pour moi, le froid c’était quand j’allais au congélateur», plaisante-t-elle.

L’importance de la famille, du clan, ressort souvent dans le discours de cette mère au foyer. C’est le pilier culturel d’un pays, ravagé tous les ans par des catastrophes naturelles. «Aujourd’hui, j’ai la chance de vivre en Suisse mais je n’oublie pas mes racines, poursuit Annie, le sourire au lèvre mais la voix chargée d’émotion. Chaque année, nous récoltons des habits et d’autres objets que nous envoyons dans mon village, par cargo.» «En effet, reprend sa fille Diane, j’ai parfois l’impression que ma mère en fait trop et qu’elle ne se fait pas assez plaisir personnellement. Mais les gens manquent de tout là-bas. Avec le typhon Haiyan, c’est encore pire cette année.»

La tragédie n’a heureusement pas touché la famille proche d’Annie Combe. Elle raconte toutefois l’histoire tragique d’une cousine dont les trois filles ont péri, noyées par les eaux. «Les gens n’étaient pas préparés. Aucune alarme ne s’est déclenchée et l’eau est montée jusqu’au plafond des maisons en dix minutes. Tout le monde s’est réfugié dans une église d’un village voisin. Ils n’ont plus rien et l’aide ne parvient pas jusqu’à eux.»

Surmédiatisée, c’est surtout la ville de Tacloban qui est sous le feu des projecteurs alors que tout le centre du pays a été touché. «Les gens peuvent donc penser que nous profitons de la situation pour demander de l’aide mais la situation est parfois pire en dehors de Tacloban car les secours n’y sont pas organisés », précise Diane.

Impuissantes face à l’ampleur de la situation, elles ont donc décidés d’agir à leur niveau afin de récolter de l’aide. Le 14 décembre prochain elles organisent un dîner de soutien, au restaurant thaï d’Orbe, ouvert à quiconque se sentirait l’âme du Bon Samaritain.

Pour plus d’infos, contactez Diane Combe au 078 949 44 80.

 

Haiyan, l’un des plus destructeurs de l’histoire

Classé dans la catégorie des super-typhons, le cyclone Haiyan est l’un des plus puissants jamais calculés dans l’air moderne. En chiffres, ce ne sont pas moins de 13 millions de Philippins qui ont été touchés par la catastrophe, parmi lesquels, environ quatre millions de déplacés, 5500 morts et 1700 disparus. Ravageant tout sur leur passage, les vents y ont atteint des vitesses de plus de 300 km/h, capables de soulever des vagues allant jusqu’à 7 mètres de hauteur, à Tacloban. Sur un couloir de 400 km, plus de 90% des bâtiments auraient été détruits, selon des experts, pour des dégâts totaux de 511 millions de francs. Une situation plus grave encore que lors du passage du tsunami de décembre 2004 selon les propos du PNUD.