Il a volé à 5850 mètres d’altitude
6 janvier 2010Parti en Namibie pour battre son propre record de distance, le Nord-Vaudois Yvan David s’est élevé à 5850 mètres d’altitude. Aucun deltiste n’avait volé aussi haut dans cette région d’Afrique.

Yvan David et Laurent Zahn ont volé au-dessus des portes du désert du Namib, atteignant l’altitude maximale de 5079 mètres.
Parti en Namibie pour dépasser son propre record de distance, le président du Vol Libre Suchet, Yvan David (photo), a battu un record de hauteur. Le pilote yverdonnois a joué avec les nuages à 5850 mètres d’altitude!
«C’était des conditions particulièrement exceptionnelles», explique le Nord-Vaudois. Contrairement aux autres jours, les cumulus étaient bien présents et la base des nuages bien haute. Motivé à «bouffer du kilomètre», le pilote amateur s’est élevé dans le ciel, pour voler le plus longtemps et le plus loin possible. Dans les airs, le Nord-Vaudois a bien senti le mal de l’altitude. De retour sur terre, après avoir parcouru 280 km, et 320 km pour son collègue Eric Knopfel, âgé de 71 ans, c’est la surprise pour Yvan David. Son GPS annonce une altitude de 5850 mètres: un record. «En l’air, on ne se rend absolument pas compte, explique le Nord-Vaudois. Alors oui, il fait froid. On a le nez qui coule. Mais il faut aussi penser à tellement de choses. Sur le moment, ce n’est pas particulièrement spectaculaire.» Certes…
De retour dans la Cité thermale depuis lundi, l’Yverdonnois ne retient pourtant pas cet exploit comme le fait marquant de son séjour. C’est définitivement son vol avec Laurent Zahn au-dessus des portes du désert du Namib qui a marqué sa mémoire d’homme volant. «Il faut voir ces dunes qui surgissent du sable!»
De belles images et de belles sensations qui compensent une météo peu favorable. Les compères ont effectivement dû faire avec peu de cumulus et de forts vents. Des conditions par contre propices aux petites casses: «Tous les matins, à l’aube, nous réparions le matériel», se rappelle Yvan David. L’homme n’a pas été épargné non plus. «L’un de nos camarades s’est fracturé le talon lors d’un atterrissage.»
A plus de 10 heures de vol de son habituel terrain de jeu, le président a connu des conditions bien différentes. «Il y a toujours le danger de se faire mal et de ne pas pouvoir communiquer sa position», remarque-t-il. Yvan David a testé. Un mauvais téléphone arabe lui a valu une petite nuit à la belle étoile. «Nous avons dû atterrir derrière une chaîne de montagnes. Nos radios ne passaient plus. Mais nous étions sereins, car nous avions à boire et à manger. Et j’avais vu une ferme une vingtaine de kilomètres plus loin. J’étais en réalité plus inquiet pour nos sauveteurs que pour nous.» Sur l’ensemble du séjour, plus de peur que de mal, notamment «grâce à une excellente organisation logistique assurée par des gens très compétents.» Et d’un bon entraînement!
Au-dessus des terres namibiennes, Yvan et ses compagnons ont tous battus leur propre record de distance. Et tous volés à plus de 5000 mètres d’altitude. Le rêve d’Icare, version africaine.
Communiquer pour le plaisir et la sécurité
Voler dans le désert namibien ne supporte pas l’amateurisme. Avec des vents très violents, au sol comme en altitude, les pilotes ont appris à décoller et à voler dans de toutes nouvelles conditions. «En Namibie, j’ai pris conscience de l’importance de la communication», relève ainsi Yvan David. Une question de sécurité pour localiser un pilote obligé de poser «aux vaches». Mais également un bon moyen pour partager de bonnes thermiques (courants ascendants).
Avec des plafonds situés à 4500-6000 mètres d’altitude, Yvan et ses compagnons étaient équipés de bouteilles d’oxygène.
Au final, la petite équipe aura effectué quelque 270 heures de vol et parcouru plus de 6000 kilomètres. Et côtoyé des guépards domestiqués…