Porte-parole des 248 signataires à avoir fait opposition à la 5G, Roberto Pellegrino se battra jusqu’au bout.
Alors que ses élections communales s’annoncent déjà très animées, Vuarrens s’inquiète sérieusement de la construction d’une antenne 4G-5G pour le compte de Swisscom et Sunrise sur son château d’eau situé au chemin des Contours, au-dessus du village. C’est la raison pour laquelle une opposition collective forte de 248 signatures, sur 835 personnes majeures résidant au village, a été déposée mardi en fin de journée au bureau communal.
«Nous refusons le permis de construire que la Municipalité a signé et délivré à l’insu de tous au début du mois de février. Et nous demandons à cette dernière de bien vouloir prendre en considération les arguments qui sont développés dans notre opposition collective, d’autres personnes ayant d’ailleurs aussi déposé des oppositions individuelles», signale Roberto Pellegrino, le porte-parole des requérants.
L’enquête publique est ouverte jusqu’à dimanche et cette construction d’une antenne de téléphonie mobile n’a pas manqué de susciter bien des craintes, provoquant de nombreuses discussions au sein de la population. «On aurait quand même pu nous consulter, et pourquoi pas faire une séance d’information, nous a lancé un habitant pas du tout content et vraiment prêt à le faire savoir encore plus vigoureusement, s’il le faut. Cette 5G cause bien des remous et aura sans doute des répercussions lors de nos élections de ce dimanche.»
Parmi leurs nombreux arguments, les opposants font tout d’abord remarquer que l’antenne projetée se trouve à 30 mètres des premières maisons du village et que l’impact à long terme sur la construction est important: «Les biens immobiliers situés à proximité d’une telle réalisation perdent de la valeur, avec une décote allant de 30 à 50%. Parfois, ces immeubles deviennent même invendables.»
L’évidence des risques sanitaires est, bien entendu, également mise en avant: «Le danger des RNI, les rayonnements non ionisants, peut avoir des conséquences sur la santé. Ils peuvent causer des maladies. Il est ainsi important de stopper la progression des émissions d’ondes électromagnétiques avant d’atteindre un seuil critique. Il n’est pas admissible, à Vuarrens comme ailleurs, de laisser ainsi les sources d’émission augmenter sans cesse, comme les niveaux d’exposition, alors que de sérieux doutes subsistent quant aux conséquences à long terme.»
Et de passer en revue la surveillance des ondes, les méthodes de calcul, les valeurs limites, les systèmes de contrôle défaillants, le cumul des risques environnementaux ou encore la véritable nécessité de ces antennes de téléphonie mobile. «Nous ne sommes pas contre une nouvelle technologie, poursuit Roberto Pellegrino, mais installer comme ça, tout près d’un village, une telle antenne, avec des ondes en direction de Pailly, d’Echallens et d’Yverdon-les-Bains, ce n’est pas raisonnable. On pourrait quand même trouver un autre endroit!»
Les opposants se disent prêts pour une séance de conciliation
Roberto Pellegrino souligne être disponible pour une séance de conciliation et pour aider à trouver une solution qui puisse résoudre les problèmes dans certains quartiers du village, où il y a des difficultés avérées de connexion au réseau public. «Je demande donc à notre préfecture de district, à la Municipalité et à la Centrale des autorisations en matière de construction de se pencher sur ce dossier. Les 248 signataires refusent la construction des mâts, des systèmes techniques et des nouvelles antennes afin de préserver les intérêts des concitoyens, et pas celui des opérateurs.» Comme c’est le cas à Yverdon et en bien d’autres lieux du Nord vaudois, à Onnens par exemple, ces antennes de téléphonie mobile n’ont donc pas fini de faire des remous!