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«J’ai essayé de prendre ça comme un concours interne»
Saskia Rao. © Michel Duperrex

«J’ai essayé de prendre ça comme un concours interne»

25 décembre 2020

Saskia Rao, 13 ans, a obtenu son brevet combiné de cavalier fin novembre. Un papier qui lui ouvre les portes de la compétition.

À peine sortie de l’écurie, Vanille attrape un peu de foin en passant à proximité d’une pile de bottes. «Cette ponette, c’est la reine des goinfres», lance Saskia Rao. La cavalière de 13 ans fait partie des sept jeunes filles du Centre équestre d’Yverdon-les-Bains ayant réussi leur brevet combiné de cavalier, sur huit candidates.

Pour la Champagnoux, tout a commencé il y a cinq ans, lorsque sa maman lui a offert un bon pour une initiation. «Ça m’a beaucoup plu, j’ai tout de suite croché, explique celle qui s’entraîne désormais une fois par semaine. J’ai toujours aimé les animaux, en particulier les chevaux.»

«Saskia est l’une des quelques jeunes sur qui on peut compter quand elle est par-là, précise Max Studer, propriétaire des lieux. Elle passe une bonne partie de ses vacances ici, à aider aux écuries.» Ce qui lui vaut de pouvoir monter de temps en temps en dehors de ses heures de cours.

C’est donc tout naturellement que Saskia Rao a décidé de passer son brevet, qui ouvre la porte des compétitions. «J’aimerais participer à des concours et, plus tard, travailler en tant que professionnelle du cheval.» Un métier pour lequel elle devra suivre un apprentissage de trois ans, avec des cours professionnels à Moudon et des sessions interentreprises au Chalet-à-Gobet.

Pour décrocher son brevet, la Nord-Vaudoise a passé deux mois à s’entraîner un soir par semaine. «Comme j’avais choisi de faire le combiné, j’ai dû travailler tant le dressage que le saut d’obstacles. J’ai appris beaucoup de choses, notamment comment utiliser les aides pour que le cheval rentre dans les coins. Je connaissais déjà une partie de ce qui a été vu en cours, mais on a pris le temps de tout bien m’expliquer, d’entrer dans les détails.»

Les deux monitrices se sont arrangées pour que chaque participante se retrouve avec une monture qui lui convienne au mieux. Saskia Rao s’est ainsi entraîné avec deux poneys, avant de trouver la combinaison parfaite avec Vanille. «C’est une ponette très gentille, qui ne m’a pas fait de mauvaise surprise le jour de l’examen.»

La cavalière s’est présentée devant les juges fin novembre, après dix semaines de travail. «J’avais hâte mais j’étais aussi très stressée. J’ai essayé de prendre ça comme un concours interne et de m’éclater avec Vanille. Je suis venue le matin déjà alors que je passais l’après-midi. J’ai bien pris le temps de préparer Vanille, de m’échauffer avec. Elle était un peu plus chaude que d’habitude, et changeait sa foulée avant de sauter. Mais au final, à part une petite frayeur lors du dressage au moment de la faire passer au trot, tout s’est bien passé. C’était une bonne expérience, dont je me souviendrai toute ma vie.»

Prochaine étape, la compétition. «J’aimerais bien faire un peu de dressage, car c’est la base du saut. Mais je commencerai sûrement par le saut, car je ne suis pas encore assez forte pour participer à des concours de dressage.» Seule ombre au tableau, pour se lancer dans la compétition, il est fortement recommandé d’avoir un cheval en demi-pension, ce qui a un coût. «Ma maman a dit que pour cela, il fallait que je fasse de bonnes notes à l’école, explique celle qui est actuellement en 10e année Harmos. Et depuis que le brevet est derrière, ma moyenne est en train de remonter…»

En attendant, Saskia Rao profite de faire des balades avec sa voisine et la jument de celle-ci. De même que sa maman, qui s’est remise à l’équitation. «Ma sœur a arrêté après avoir fait deux grosses chutes. Par contre, j’ai offert un bon d’une demi-heure à mon papa pour son anniversaire, et il a testé durant l’été.» Bonus, celui-ci vient d’aménager dans l’un des bâtiments du centre équestre. «Je suis là tous les week-ends pour soutenir ma fille, glisse Daniel Rao. Je ne peux que la pousser à poursuivre dans ce domaine, tant au niveau professionnel que sportif!» Avec un tel soutien, Saskia Rao a toutes les raisons de croire en ses rêves.

 

Un brevet repoussé par la pandémie

 

Saskia Rao appartient à la première volée du Centre équestre d’Yverdon-les-Bains ayant testé le nouveau système de brevet, pour lequel les monitrices avaient mis en place une session de dix cours. Ceux-ci, très répétitifs, avaient pour objectif de roder les différents enchaînements demandés lors de l’examen. Et la méthode s’est avérée efficace, puisque sept des huit candidates ont obtenu leur brevet. La grosse difficulté résidant dans le fait que le règlement était le même qu’en concours, avec notamment une élimination si le candidat tombe ou que son cheval s’arrête à trois reprises.

«Pour passer le brevet, il est obligatoire d’obtenir d’abord son diplôme, précise Max Studer. Ce dernier va plus loin que l’attestation, qui s’adresse aussi à des non-cavaliers, par exemple des parents.» Le brevet permet de s’aligner dans des épreuves de niveau B. Il faut ensuite obtenir sa licence pour pouvoir participer aux concours officiels.

La tenue de l’examen du brevet, qui aurait initialement dû se dérouler à Pâques, constitue une satisfaction pour le centre en cette année difficile. «Nous n’avons pas pu mettre les gens aux RHT. Nous avions besoin du personnel pour sortir les chevaux quand nous avons dû fermer au printemps, car les cavaliers ne pouvaient plus venir les monter, explique le propriétaire. Nous n’avons reçu aucun soutien de nulle part pour le moment. Et nous avons aussi moins de monde qui prend des cours, notamment parce que le budget de certaines familles a souffert. Cela aura un impact sur notre comptabilité.»