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«J’espère pouvoir montrer ce que je vaux»
Photo: Puurfilm

«J’espère pouvoir montrer ce que je vaux»

1 mars 2021

Exilé en France depuis la fin 2019, Sylvain Fridelance n’a quasi pas pu courir l’an dernier. Le triathlète du Tryverdon, 25 ans, reste néanmoins toujours dans la course aux Jeux olympiques.

Sylvain Fridelance, comment cela se passe-t-il pour vous depuis que vous avez rejoint votre groupe d’entraînement dans la région de Grenoble?

Tout se déroule super bien. Je me retrouve avec une petite dizaine de pros, dont des coureurs du calibre de Dorian Coninx et Jonas Schomburg. Malheureusement, en raison de la situation sanitaire, je n’ai pas encore trop eu l’occasion de courir et de montrer les progrès réalisés. Le positif, dans tout cela, c’est que j’ai eu une année complète pour m’entraîner. Comme un gros bloc de préparation.

Vous sentez-vous plus fort?

Il y a une telle émulation dans le groupe, tout est plus intensif et plus dur, avec les autres qui te tirent vers l’avant. Alors je pense que oui. Je le constate à l’entraînement, en me disant tiens, cette séance je n’aurais pas été capable de la passer comme ça auparavant. Après, il faudra le montrer en compétition.

Vous avez tout de même pu prendre quelques départs sur le circuit français l’an passé.

Oui, et avec pas mal d’étrangers qui viennent participer. Au final, j’ai disputé trois courses, toujours avec un gros niveau, et les sensations ont été positives. Je n’ai malheureusement pas pu prendre part aux Championnats du monde, car je me suis bêtement cassé un orteil cinq jours avant. J’ai par contre pu confirmer les progrès entrevus lors d’un 5000 mètres organisé sur piste à Lausanne.

Votre programme 2021 est-il clair?

Le calendrier ne fait que de bouger pour le moment, on reste un peu dans le flou. Les «grosses» courses, les World Series et la Coupe du monde, devraient reprendre en mai. Malheureusement pour moi, j’ai perdu beaucoup de points en 2019, et je ne suis pas certain de pouvoir rentrer dans les listes de départ à cause de cela. J’espère quand même que je pourrai recourir en mai. Au final, cela fait un an et demi qu’on se trouve dans un tel schéma, alors jusqu’au redémarrage, je vais bosser et, le moment venu, on verra bien. Je n’ai pas de plan établi.

Croyez-vous toujours à une qualification olympique?

C’est toujours possible, oui. Je fais partie des cinq hommes qui peuvent prétendre aux deux places disponibles pour la Suisse. Max Studer a montré le plus de choses dernièrement, sinon ça reste très ouvert. Comme j’ai été blessé, sur le papier, cela fait longtemps que je n’ai pas pris part à de grosses courses. Alors j’espère vraiment pouvoir montrer ce que je vaux, montrer mes progrès. Dans tous les cas, Swiss Triathlon doit observer chacun des candidats pour voir où chacun en est.

Comment allez-vous physiquement?

Je suis en pleine forme. Je n’ai pas eu de blessure, ni la moindre alerte dernièrement. On s’entraîne vraiment bien avec le groupe. On a passé trois semaines aux Canaries entre janvier et février, on était au Portugal en fin d’année et, là, je me prépare au sud de la France. Cela permet d’être au chaud et de nager en grand bassin.

Compte tenu de la situation, comment cela se passe-t-il financièrement pour vous?

Les aides sportives sont primordiales, ainsi que celles de mon team et d’un sponsor privé. Je suis néanmoins toujours à la recherche d’un gros partenaire et je reste très dépendant de mon statut à Swiss Olympic. Être parti en France a rendu beaucoup plus accessible pour moi le fait de rejoindre un groupe international.

La période requiert une certaine flexibilité…

Oui, et notamment pour tous les stages auxquels j’ai pu prendre part. On est par exemple parti aux Canaries alors qu’on devait initialement se rendre à la Réunion, où tout était prêt, mais une modification des restrictions sanitaires nous a contraints d’annuler deux jours avant notre départ et de rebondir. C’est aussi pour ça qu’il est plus simple de se rendre au sud de la France. On doit beaucoup s’adapter pour les camps et l’entraînement de manière générale, être à l’affût mais, au final, ça fonctionne, et cela n’a pas perturbé ma préparation. On sait que, lorsqu’on organise quelque chose, tout peut changer au dernier moment. Un an sans course, c’est ça le plus dur. Je me réjouis vraiment de me confronter aux autres lors d’une véritable épreuve.