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Josiane Aubert veut plus de vacances

13 février 2012

La conseillère nationale de la vallée de Joux, vice-présidente de Travail.Suisse, défend l’initiative populaire «Six semaines de vacances pour tous». Celle-ci a été rejetée par le Conseil fédéral et le Parlement, mais le peuple aura le dernier mot.

«Six semaines de vacances pour tous»? Josiane Aubert y croit!

Alors que les électeurs vaudois devront se choisir un Gouvernement et un Parlement le 11 mars prochain, le corps électoral suisse dans son entier sera également appelé aux urnes. Parmi les sujets soumis au vote ce jour-là, un tient particulièrement à coeur à la conseillère nationale socialiste de la vallée de Joux, Josiane Aubert. Egalement vice-présidente de Travail.Suisse (organisation faîtière défendant les travailleuses et les travailleurs), qui a lancé l’initiative populaire «Six semaines de vacances pour tous», la Combière monte au créneau pour défendre cette initiative qu’elle juge nécessaire au bient-être des citoyens suisses.

La Région: Pourquoi cette initiative?

Josiane Aubert: Principalement pour compenser une injustice! De 1995 à 2007, la productivité, en Suisse, a augmenté de 21%. Dans le même temps, les salaires ont également augmenté, mais de 4,3 % seulement. Il est temps de donner un peu en retour aux travailleurs de ce pays!

Pourquoi ne pas demander une augmentation de salaire collective, dans ce cas?

Parce que celle-ci est très difficile à obtenir et à inscrire dans un cadre légal, tout simplement. Ces six semaines de vacances seront bienvenues, en partie également parce que les conditions de travail ne s’améliorent pas, ou peu. La frontière entre la vie professionnelle et la vie privée n’a jamais été aussi mince. Cette initiative offrirait du temps de repos bienvenu et nécessaire.

Les PME, qui seraient, selon vos opposants, très affectées par cette initiative, ne risquent-elles pas de baisser les salaires, si ce texte entrait en vigueur, en guise de «représailles», pour «compenser» cette baisse du temps de travail?

Non. Vous savez, les travailleurs effectuent aujourd’hui énormément d’heures supplémentaires. Cette égalité en ce qui concerne les vacances leur sera profitable, mais va pousser, peut-être, les entreprises à se réorganiser. Je pense que ces six semaines de vacances peuvent pousser les employeurs à embaucher plus.

 

La dernière modification de loi date de 1984

Une augmentation progressive

Si la dernière augmentation du nombre de jours de vacances a eu lieu en 1984 (quatre semaines sont aujourd’hui inscrites dans la Loi), tous les travailleurs suisses ne vont pas subitement recevoir deux semaines supplémentaires de vacances par an en cas de l’acceptation de l’initiative de Travail.Suisse!

«L’idée est que, dès 2013, chaque employé reçoive un jour supplémentaire de vacances par année. Aujourd’hui, bien que le nombre de semaines obligatoires soit de quatre, la moyenne suisse se situe à 4,9 semaines de vacances par employé. Lorsque nous arriverons aux six semaines, nous estimons que les charges salariales auront augmenté de six milliards de francs, soit 2%, environ, des salaires pratiqués en Suisse. Ces 2%, nous estimons qu’ils peuvent être résorbés par l’économie elle-même d’ici-là», termine Josiane Aubert.

Ce texte est combattu par l’ensemble des partis de droite, mais aussi, bien évidemment, par les milieux économiques. La gauche et les syndicats défendent cette initiative, laquelle a été rejetée tant par le Conseil fédéral que par le Parlement. Le peuple suisse suivra-t-il ses autorités ou fera-t-il le choix d’avoir droit à plus de semaines de vacances? Dit comme ça, le choix paraît simple, mais la droite (et notamment le Parti Libéral-Radical) font campagne pour que ce texte soit rejeté par le peuple. «Cette initiative met en péril la paix sociale et pourrait avoir un effet grave sur l’emploi. De plus, beaucoup d’entreprises offrent déjà des durées de vacances supérieures à la durée légale, cette initiative est donc inutile», estime notamment le PLR, suivi par tous les milieux patronaux, très inquiets.