La Ville soigne la terre de ses plantages
29 mai 2015Yverdon-les-Bains – La qualité du sol des jardins familiaux n’a pas toujours été optimale, mais depuis quelques années déjà, plusieurs mesures, entre analyses et sensibilisation, ont été prises afin d’inverser la donne.
Si le retour des beaux jours est attendu par bon nombre d’entre nous, il l’est, comme chaque année, plus encore par les heureux propriétaires de l’un des 545 plantages, communément appelés jardins familiaux, mis à disposition par la Ville d’Yverdon-les-Bains aux lieux-dits Le Maréchat et les Quatres-Vingts.
Un succès dû, notamment, au fait que ces plantages peuvent être utilisés comme lieu de repos, dans 21,1% des cas, comme lieu où organiser des fêtes, pour 14,4% des locataires, ou, encore, pour s’adonner à la passion du bricolage, dans 13,1% des cas. Mais, surtout, pour 77,3% des usagers, ils représentent l’opportunité de bénéficier d’un terrain où faire pousser plantes, fruits et autres légumes en ville. Une alternative, réalité économique oblige, souvent bien moins coûteuse que l’achat de ce type de denrées dans le commerce.
Présence de métaux lourds
Mais reste que, longtemps, ces fruits et légumes n’avaient pas grand-chose de «naturel»; la qualité des sols, aux plantages, ayant longtemps été discutable.
«C’est vrai que, par endroits, il y a encore quelques années, la qualité des terres n’était pas bonne du tout, reconnaît Marc-André Burkhard, municipal des travaux et de l’environnement. La présence de métaux lourds a notamment été constatée. Cela était, entre autres, dû au fait que les gens brûlaient toutes sortes de choses, dont, par exemple, des palettes qui étaients recouvertes de peinture et de vernis.» Et ceci sans parler des quantités d’engrais importantes utilisées dans ces jardins familiaux, excès imputables à une gestion des parcelles par propriétaire et non de manière globale. «C’est certain que pour une surface totale équivalente, il y a bien moins de produits de ce type dans le champ d’un agriculteur», admet le municipal.
Bref, autant de problèmes d’ordre environnemental qui ont donc conduit la Municipalité à prendre un certain nombre de mesures au cours des dernières années. «D’abord, les feux ont été interdits, explique Marc-André Burkhard. Et puis, depuis environ cinq ans, lors de chaque remise de parcelle, nous faisons systématiquement appel à une société spécialisée dans l’analyse des sols. Une fois le résultat de la qualité de la terre connu, nous décidons alors de la remettre en location ou pas.»
Une solution qui a évidemment un coût, mais qui a le double avantage de pouvoir faire interdire momentanément l’usage d’un lopin de terre, si celui-ci est trop pollué, et, surtout, de pouvoir fournir de précieux conseils et recommandations aux futurs locataires quant aux besoins en engrais de sa propre parcelle, ceci au regard desdites analyses.
Démarche qui porte ses fruits
Autant d’informations qui, couplées à la mise en place de divers ateliers de sensibilisation, par exemple à l’usage des engrais verts, organisés durant la belle saison pour les locataires, portent aujourd’hui leurs fruits, puisqu’à l’heure actuelle, au jeu des remises de parcelles, environ la moitié de la surface totale des plantages a été analysée et seules quatre ont nécessité une mise hors culture.