Le Bois-Mermet déménagera à Orbe
20 juin 2014Le Bois-Mermet déménagera à Orbe
Construite en 1905, la prison du Bois-Mermet, à Lausanne, sera fermée. Elle sera reconstruite dans la plaine de l’Orbe.
C’est une nouvelle majeure pour le Nord vaudois qui a été annoncée hier après-midi par le Conseil d’Etat. Après de longues réflexions, le Gouvernement cantonal a décidé de fermer la prison lausannoise du Bois-Mermet (170 places), bâtie en 1905 et aujourd’hui inadaptée, pour la reconstruire sur le site des EPO. «Certains imaginaient une rénovation, nous avons tranché», relève le conseiller d’Etat Pascal Broulis, en charge des finances. Cette future installation fera de la Cité urbigène le super-pénitencier du canton. «Orbe deviendra l’épicentre de notre stratégie pénitentiaire », reconnaît le Sainte-Crix.
Prisons obsolètes
Avec sa collègue Béatrice Métraux, responsable entre autres de la sécurité, Pascal Broulis présentait, hier en conférence de presse, la stratégie du Conseil d’Etat pour le développement des infrastructures pénitentiaires à l’horizon 2025. Un progamme d’envergure pour faire face à la surpopulation carcérale et permettre de s’adapter, tant aux besoins sécuritaires, qu’aux nouvelles typologies de détenus. «Réalisées en 1899 pour la Colonie ou en 1930 pour Bochuz, ces constructions sont obsolètes », souligne Béatrice Métraux. Elle précise que les 863 places de détention dont le canton de Vaud disposera en septembre ne sont en aucun cas suffisantes.
Outre le déménagement du Bois-Mermet, des projets ambitieux sont ainsi agendés. Il y a, notamment, l’agrandissement du pénitencier de Bochuz, avec la création d’une nouvelle unité de 17 places pour les régimes spéciaux (haute sécurité et unité psy), ainsi que la transformation des locaux pour les régimes ordinaires (25 nouvelles places). Quant au site de la Colonie, toujours à Orbe, il est prévu de transformer la partie «Colonie ouverte» en «Colonie fermée» et de créer une toute nouvelle «Colonie ouverte» de 80 places.
La sécurité des prisons vaudois sera également renforcée, une nécessité après les deux évasions rocambolesques de 2013. Pour chacun de ses projets, un crédit d’études de 400 000 francs sera demandé. Ils devraient permettre au Canton de disposer, à terme, de quelque 120 places de détention supplémentaires.
Les EPO assainis
Dans l’immédiat, vu la vétusté des infrastructures des EPO, le Conseil d’Etat va solliciter auprès du Grand Conseil un crédit de près 15 millions de francs pour financer l’assainissement des installations techniques : création d’une chaufferie à bois, remplacement de la distribution du réseau d’eau et du réseau électrique, remplacement de la production de vapeur nécessaire aux cuisines et buanderie… Les travaux devraient débuter en 2015, pour se terminer fin 2017.