Le corps électoral aura le dernier mot
8 juin 2009Le débat sur l’implantation d’un centre national de ski nautique et de wakeboard a duré deux heures. Le préavis a été adopté par 48 voix contre 41. Le référendum spontané a également été ratifié par 48 oui contre 46 non.

Il faisait plutôt frais lors de cette séance qui s'est tenue sur la place Pestalozzi, mais le débat a été chaud.
Même s’il faisait plutôt frais jeudi dernier sur la place Pestalozzi – on siégeait en effet en plein air -, la séance du Conseil communal d’Yverdon a une nouvelle fois été chaude, à cause du projet d’implantation du Centre national de ski nautique et de wakeboard. Après deux heures de débat, le vote à main levée est tombé en faveur de cet espace de sport et de loisirs par 48 voix contre 41.
Mais dans la foulée, les Verts ont déposé une demande de référendum spontané, qui a aussi été adoptée, à bulletin secret, par 48 oui contre 46 non. Le corps électoral yverdonnois se rendra donc aux urnes, comme ce fut le cas pour les caméras de la place de la Gare.
Vingt-trois interventions
Lors du débat sur ce préavis, ramené du point 15 de l’ordre du jour au début de la séance, la frange rose-verte et la droite se sont livré une de ces batailles rappelant celle qui avait eu lieu autour de la SAGREYG en 2007. Mais cette fois-ci, ce sont les partis radical, libéral et UDF, renforcés en l’occurrence par trois conseillers de gauche – Anilda Dewarrat, Thierry Vuagniaux et Charles Forestier -, qui se sont imposés.
En y incluant le syndic Rémy Jaquier et le municipal de l’urbanisme, Paul-Arthur Treyvaud, tous deux favorables au projet, pas moins de 23 intervenants sont montés au front et n’ont pas manqué de faire des vagues pour ou contre le plan d’affectation partiel «Les Quatre-Vingts», nécessaire à la concrétisation du projet. Lors du vote sur le changement du plan d’affectation (PPA), il y a eu 49 oui contre 43 non.
Rappelons que ce projet de Centre national a démarré il y a dix ans à la demande de la Fédération suisse de ski nautique (FSSN). Envisagé au-delà de l’autoroute de contournement et coïncidant avec le début de la plaine de l’Orbe, il prévoit l’aménagement de deux plans d’eau, un téléski nautique, un café-restaurant et un clubhouse. Les deux plans d’eau de 750 mètres sur 70 mètres en site propre seront creusés dans le marais.
Partenariat privé-public
Le centre est devisé à 8 millions de francs. Il doit être financé en partenariat privé-public et la contribution de la Commune s’élève à 830 000 francs. La participation du Canton et de la Confédération est estimée à 10% respectivement 20%, la subvention fédérale devant encore être confirmée. Avant le vote final, le municipal Paul-Arthur Treyvaud est intervenu pour souligner qu’après le changement d’affectation des terrains convoités pour le parc nautique, «il faudrait bien entendu encore passer par toutes les phases du permis de construire, que l’Exécutif refusera d’ailleurs si le financement du projet n’est pas véritablement assuré».
Des débats animés
Pas moins de 23 interventions ont donc eu lieu autour de ce projet de Centre nautique aux «Quatre-Vingts». Comme il est impossible de rendre compte ici de toutes, nous retiendrons celles de Carmen Tanner (Les Verts), du côté des opposants, et de Gloria Capt (Radical), du côté des partisans, car elles résument bien les arguments développés en général.
Soulignant que ce Centre n’avait pas de véritable utilité pour la collectivité, Carmen Tanner a déclaré: «Quel est son impact aussi bien au niveau physique qu’éthique? Quelle orientation donnons-nous au développement et à l’image de notre ville? Si, au début de leur réflexion, les Verts trouvaient ce projet tout simplement absurde et stupide, il faut aujourd’hui y ajouter sa démesure puisqu’il utilise un peu plus de 20 hectares de terres agricoles et représente ainsi 30 terrains de football ou encore la moitié d’un domaine agricole familial de taille standard.»
«Démesure éthique, aussi, que de se payer le luxe de faire des lacs artificiels et d’utiliser des terres pour deux sports (sur des centaines d’autres), que l’on ne peut pas définir comme populaires. La conseillère a également relevé un mauvais emplacement au-delà de la ceinture de l’autoroute, ainsi qu’un impact touristique et économique bien plus moindre que d’aucuns le prétendent. Comme elle a fustigé un projet qui n’est même pas créateur d’emploi.»
Quant à Gloria Capt, elle a notamment mis en évidence l’impact d’un tel projet pour le renom de la cité: «Au-delà d’une querelle autour d’un lopin de terre, il y a l’avenir d’une ville dont beaucoup disent qu’il faut cesser de déclarer qu’elle est la deuxième du canton, mais la capitale du Nord vaudois. Or pour revendiquer ce titre de capitale, qu’avons-nous à proposer»
«Certes, on peut citer le Musée d’Ailleurs et son Espace Jules Verne tout neuf, dans un domaine tout de même particulier. Nous aurions pu avoir une attraction extraordinaire et unique avec le Nuage d’Expo. 02, mais la population n’en a pas voulu. Or, ce plan d’eau sera unique en Suisse et attirera des sportifs et des visiteurs de tout le pays, comme il offrira un lieu de promenade et de détente dans un environnement magnifique. Montrons que nous avons de l’ambition et de l’envergure, que nous sommes une ville innovatrice et dynamique. Permettons à ce magnifique projet de se réaliser.»