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Le géant vert avait besoin de se poser
© Michel Duperrex

Le géant vert avait besoin de se poser

26 septembre 2019
Edition N°2589

Valentin Betschart est de retour dans le club de ses débuts, le HC Yverdon (1re ligue). La conjonction de plusieurs facteurs, dont celui de reprendre le coaching d’une équipe de jeunes.

Il n’est pas celui qu’on remarque le moins sur la glace avec son 1m96 sous la toise. Il n’est pas non plus le dernier quand il s’agit de dire ce qu’il pense. «Et comme je ne suis pas un fin technicien, mes atouts se trouvent plutôt dans le jeu physique. Ma taille fait aussi que je concède des pénalités, car une intervention au demeurant correcte peut vite se transformer en charge à la tête ou coup de coude.» Non, Valentin Betschart n’est pas une brute épaisse pour autant. Mais un joueur qui a de la prestance.

Bienheureux le HC Yverdon qui peut à nouveau compter sur sa tour de contrôle. Le hockeyeur d’Yvonand est de retour au bercail. Il avait même lancé un appel du pied dans nos colonnes en fin de saison passée, annonçant qu’il était temps pour lui de revenir. «J’ose espérer que ce n’est pas ça qui a permis mon engagement, mais surtout mes qualités de joueur», rigole le défenseur de 27 ans.

Le baroudeur a vécu une dernière saison enrichissante avec Sion II, lors de laquelle il a porté le «C» de capitaine sur la poitrine. «Ça a été une super année, mais je dois reconnaître qu’à partir du mois de janvier, j’ai ressenti les effets des déplacements, souligne celui qui travaille à Yverdon-les-Bains. J’étais usé à la fois mentalement et physiquement. D’ailleurs, je me suis blessé à une cheville en février. Il était temps pour moi de revenir dans mon club formateur.»

Une âme d’entraîneur

La proximité avec son domicile ne constitue pas l’unique raison de son retour. Depuis son précédent passage au HCY au début de la décennie, Valentin Betschart s’est entiché du costume de coach. Jean-Pierre Vioget lui avait fait mettre le pied à l’étrier. «J’avais passé des diplômes Jeunesse+Sport, alors il était venu me demander de l’épauler pour les minis. L’année suivante, je dirigeais l’équipe en compagnie de Ronny Müller, lui aussi joueur de la première.»

Alors, lorsqu’il a appelé Jiri Rambousek pour lui annoncer son désir de porter de nouveau le tricot yverdonnois, Valentin Betschart a immédiatement signifié au chef de la formation du HCY qu’il entendait coacher. Le voilà aux commandes des M20 A avec son vieil ami et gardien de la «une» Moritz Pfäffli. «J’éprouve du plaisir à entraîner. J’ai beaucoup appris au fil de mon parcours, et je trouve qu’il serait ingrat que je garde tout ça pour moi, que je n’en fasse pas profiter la relève. Si je suis capable de gueuler quand c’est nécessaire, je n’oublie pas de féliciter mes joueurs. Je ne veux surtout pas répéter les choses qui ne m’ont pas plu lorsque j’étais moi-même à leur place, insiste-t-il. Enfin, le coaching est quelque chose que j’aimerais bien continuer longtemps encore, pourquoi pas à plus haut niveau.»

Par ailleurs, évoluer au HCY a permis à Valentin Betschart d’augmenter son taux de travail à 100% (il était à 80% les saisons précédentes). De quoi mettre un peu de beurre dans les haricots du géant vert.

Derby contre Star Foward samedi

Les Yverdonnois ne sont pas contents de leur entame de championnat, battus 6-3 par Genève-Servette II. «L’équipe compte beaucoup de bons joueurs, mais notre problème est la constance. On a fait n’importe quoi samedi passé, et on a à cœur de relever la tête chez nous, contre un autre adversaire direct.»

Ce samedi, le HCY reçoit Star Forward à 18h. Un adversaire qu’il a déjà rencontré durant la préparation. «On se doit d’être devant les Morgiens», charge Valentin Betschart avec le fracas qu’impose son gabarit.

 

 

 

Un parcours de baroudeur

A 27 ans, le Tapa-Sabllia a évolué pour dix clubs différents et a passé six saisons en Suisse alémanique.

Tenter de nouvelles expériences et bousculer ses habitudes n’ont jamais constitué un obstacle aux yeux de Valentin Betschart, qui a même pris un certain goût pour l’aventure durant sa carrière.

Après avoir donné ses premiers coups de patins et être demeuré jusqu’en novices à Yverdon-les-Bains, le géant d’Yvonand a endossé le maillot de Lausanne en novices top pour, ensuite, rejoindre Zurich. «Je souhaitais étudier le sport à Macolin. Pour cela, il me fallait être bilingue, alors j’ai cherché un sport-études auprès des clubs alémaniques et j’ai effectué un essai concluant avec Zurich», raconte-t-il.

Tant son niveau de jeu que ses performances à l’école en allemand étaient déterminantes pour poursuivre son aventure outre-Sarine. «Par chance, j’ai bien plus de facilité avec les langues qu’avec les chiffres», sourit-il. Il a ainsi terminé sa formation de hockeyeur avec les GCK Lions, les ZSC Lions, Dübendorf et Rapperswil.

Il était prêt à partir en Angleterre

À la fin de ses juniors, il a toqué à la porte des GCK Lions, en LNB, mais le staff l’a estimé trop âgé. «Comme je voulais vraiment tenter ma chance, j’ai même contacté des clubs en France et en Angleterre, mais cela ne s’est pas fait.»

Durant sa dernière année avec Rappi, il a déjà porté les couleurs du HCY, en 1re ligue, grâce à une licence B. Puis, il a passé les trois exercices suivants (de 2011 à 2014) dans la Cité thermale aux côtés d’anciens coéquipiers revenus au club, entraîné successivement par Marc Gaudreault, Christian Renaud et Jiri Rambousek.

C’est alors que l’envie de voir autre chose l’a repris. Il a suivi son ami Pascal Streit à Belp, toujours en 1re ligue. Le club bernois a connu une saison pénible, avec une seule victoire à la clé, mais Valentin Betschart a bénéficié de beaucoup de temps de jeu et a tapé dans l’œil de Zuchwil, club de haut de tableau. Après une année plus pénible, il a choisi de rejoindre ses amis Pascal Streit et Moritz Pfäffli au HC Vallée de Joux, pour deux exercices réussis.

Finalement, le baroudeur a rejoint Sion II la saison dernière (Pascal Streit jouait cette fois avec la «une» en MySports League…). En Valais, il était le routinier au sein d’une équipe de jeunes. La dernière étape avant le retour au bercail.