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Le linceul avant l’enterrement à la gare

9 septembre 2009

Passez, il n’y a plus rien à voir! Ou presque. Les tableaux ont été décrochés et mis au sol. Et les personnages ont été emballés. Le Transit est achevé… après avoir fait parler.

L'exposition Transit est déjà terminée.

L'exposition Transit est déjà terminée.

«Nous avons estimé qu’avec un personnage en moins, l’oeuvre n’était plus complète et cela n’avait plus de sens de poursuivre l’exposition.» Syndic d’Yverdon-les-Bains, Daniel von Siebenthal confirme la décision municipale de mettre fin à l’exposition de «Transit» sur la place de la Gare.

«Suite à diverses remarques», la Municipalité a estimé qu’il était temps de mettre fin à la présentation, qui devait, en principe, se poursuivre jusqu’à dimanche prochain. Le fait que les deux personnages encore placés dans la vitrine -le troisième avait été retiré à la veille du week-end déjà parce qu’il n’avait pas supporté la chaleur- ont été emballés dans la toile a aussi conforté l’Exécutif dans sa décision.

«Le débat a eu lieu et le but est atteint. Je pense que quatre jours, c’est suffisant», explique encore Daniel von Siebenthal.
Les oeuvres vont donc être retirées rapidement. Pour les conteneurs, il faudra peut-être attendre quelques jours.
La décision municipale a généré quelque frustration auprès des membres du collectif VisArte, qui sont à l’origine de cette exposition. En termes aussi diplomatiques que voilés, ils dénoncent une forme de censure.

Plus que l’exposition elle-même, c’est le lieu qui semble avoir posé problème, comme en témoigne un sexagénaire yverdonnois, qui passe régulièrement sur la place de la Gare: «L’oeuvre en tant que telle ne suscite ni intérêt, ni rejet, de ma part. Je trouve juste qu’elle devait être présentée dans un musée et pas dans un lieu aussi public que cette place.»

Et les artistes dans tout ça?

Principal initiateur de l’opération, Christian Jelk, de Sainte-Croix, président de Visarte, est «un peu déçu» par la décision de l’Exécutif yverdonnois. Mais il l’est encore plus par l’attitude du Canton, qui, à ses yeux, a complètement oublié d’associer les artistes à la réflexion sur le futur Musée cantonal des Beaux-Arts: «Nous avons présenté Transit le 30 juin à la Riponne. Ce n’est que deux jours avant qu’Anne-Catherine Lyon a demandé à s’exprimer lors du vernissage.» Ensuite, deux villes candidates au siège du musée, Yverdon-les-Bains et Morges, ont manifesté leur intérêt. Mais seule la capitale du Nord vaudois est allée jusqu’au bout de la démarche… ou presque. Dans tous les cas, Visarte aura rappelé que les artistes existent.