Le sol s’affaisse et menace l’agriculture
8 janvier 2016Plaine de l’orbe – Le Canton et les acteurs du monde agricole sont à la recherche de solutions pour éviter que l’exploitation de ces terres alluviales ne s’arrête, à terme.
Les sols vaudois revêtent un potentiel de production très important qu’il s’agit de développer. Voici l’un des défis que souhaite relever la politique agricole vaudoise présentée, hier, à Lausanne. Pour mener à bien ce challenge, les régions de la Broye, du Gros-de-Vaud, mais aussi de la plaine de l’Orbe, aux terres particulièrement fertiles, font figure de pièces maîtresses.
La dernière citée est, toutefois, victime d’une problématique inquiétante pour l’agriculture. Ce pan de Nord vaudois -des marais asséchés et transformés en terres cultivables grâce aux corrections des eaux du Jura il y a près de 150 ans-, s’enfonce inexorablement, à raison d’un à deux centimètres par année.
«Le drainage de ces terres, très riches en matières organiques, entraîne un phénomène de minéralisation, cela veut dire qu’elles se transforment progressivement en libérant de l’eau et du CO2 et diminuent de volume. L’eau devient trop proche de la surface, les terres sont de plus en plus souvent immergées et la production agricole y est de plus en plus difficile, voire rendue impossible dans certains cas», explique François Füllemann, responsable de la protection des sols au sein de la Direction générale de l’environnement (DGE).
Le phénomène est bien connu, mais il préoccupe agriculteurs et spécialistes. «Une zone d’environ 1500 hectares est concernée. Si aucune solution n’est trouvée, les sols agricoles pourraient, à terme, disparaître définitivement de cet endroit», déclare François Füllemann.
La DGE et le Service de l’agriculture se sont dernièrement approchés des Cantons de Berne et de Fribourg, qui connaissent la même problématique dans le Seeland. «L’idée est de mettre en oeuvre un projet innovant qui serait développé par la Haute école de Zollikofen, spécialisée dans le domaine, afin de préciser l’ampleur du problème et de trouver des solutions concrètes», explique le responsable.
Philippe Egger, de Chavornay, fait partie des agriculteurs associés à la démarche. Les systèmes de drainage et l’aménagement de remblais lui permettent, pour l’heure, de maintenir le rendement de ses récoltes, mais il salue l’anticipation dont font preuve les acteurs du projet.
Lausanne – Réorganisation stratégique au Service vaudois de l’agriculture
Une «vraie révolution» pour répondre aux défis du futur
Chaque passage à une nouvelle année est, c’est bien connu, synonyme de bonnes résolutions. Le Canton de Vaud ne déroge pas à la règle, du moins en ce qui concerne sa politique agricole, totalement repensée.
Le premier changement apparaît dans le nouveau nom de l’instance. Exit le Service de l’agriculture (SAGR). Place au SAVI, le Service de l’agriculture et de la viticulture, pour coller «à la réalité du secteur primaire vaudois», explique le conseiller d’Etat Philippe Leuba, chef du Département de l’économie et du sport.
L’ossature de la structure a, elle aussi, bien évolué. L’organigramme historique est remplacé par quatre divisions, avec chacune leur chef. «C’est une vraie révolution. Une réforme de fond pour mieux accompagner l’agriculture de demain», commente Philippe Leuba. La division d’état-major, dénommée «support» vient en appui des trois autres, intitulées «métiers», qui portent sur les axes stratégiques «formation», «marchés et améliorations foncières», ainsi que «paiements directs et agroécologie».
Le premier d’entre eux concerne le centre de formation Agrilogie, dont il s’agira, entre autres, de «renforcer l’image et la réputation». De nouvelles formations vont, par ailleurs, être lancées, comme une consacrée aux produits fermiers, dès l’automne prochain.
Développer les appellations
Quant à la deuxième, elle sera pilotée par Jacques Henchoz, appellé «Monsieur L’Etivaz» par Philippe Leuba, en référence à son rôle clé dans la reconnaissance de cette AOP.
Outre le développement des appellations, la division en question aura pour but de «soutenir la mise en oeuvre du projet oenotouristique» et la filière porcine, pour ne citer que ces exemples. «Il faut conquérir des marchés. Aujourd’hui, 50% de la consommation alimentaire en Suisse provient de l’agriculture indigène. Nous pouvons améliorer ce pourcentage», commente le chef du Département.
Enfin, la dernière partie de l’organigramme est tournée vers une production alliant des visées économiques et écologiques, mais aussi l’obtention des paiements directs de la Confédération et «Vaud est le seul canton de plaine à avoir vu ses revenus augmenter -une hausse de 18 millions de francs en 2014», déclare Philippe Leuba.