«La mort est dans le pré», tel est le nom qu’a donné Sébastien Delay à l’histoire de Happy New Year, une vache tuée par une canette.
Le 11 décembre 2020, les internautes de la région (et bien au-delà) ont découvert une sordide histoire sur la plateforme Facebook. Un article intitulé «La mort est dans la pré» a fait réagir des milliers d’utilisateurs du média social. Couplé à une image de vache gisant sur la pelle d’un tracteur, le post de Sébastien Delay, agriculteur à Baulmes, fait froid dans le dos.
L’histoire est pourtant devenue tristement banale. Une fenêtre qui s’ouvre, une canette qui tombe, un animal qui meurt. C’est le fléau actuel du «littering», que vivent bon nombre d’agriculteurs avec des terrains en bord de route. Chaque année, de plus en plus de déchets sont retrouvés dans leurs champs, souvent lancés depuis les fenêtres de voitures. «Lorsque l’on fait les récoltes, on fait aussi les poubelles», assure Sébastien Delay.
Entre le sagex, le plastique, les filets d’oranges et les déchets de chantier, les canettes en aluminium ont des conséquences particulièrement dramatiques. Si les clous et le verre font de nombreux dégâts, les canettes tranchantes déchiquetées par les machines sont souvent mortelles. Invisibles dans le fourrage, les animaux les avalent. «Ces dernières années, ça s’est accentué à une vitesse folle», témoigne Jean-François Cachemaille, propriétaire du domaine.
C’est son employé Sébastien Delay qui a lancé l’alerte sur les réseaux sociaux après le sort funeste dont a été victime une de leurs vaches laitières, Happy New Year, née un 1er janvier. Malheureusement, elle n’aura juste pas pu fêter son troisième anniversaire.
En novembre 2020, Happy New Year produit moins de lait et arrête de s’alimenter. Inquiet, le propriétaire Jean-François Cachemaille appelle le vétérinaire. Chacun pense à un début de grippe jusqu’à ce que l’animal commence à gonfler. «On a compris qu’il s’agissait d’un problème à l’estomac et qu’elle avait certainement avalé un corps étranger», témoigne l’agriculteur qui a tenté de lui mettre un aimant pour attirer l’objet, sans succès. L’animal est alors transféré au Tierspital à Berne, mais finit par être euthanasié. L’autopsie révélera que l’estomac a été perforé par une canette en aluminium.
«Elle a été fusillée en plein vol par la bêtise humaine et le manque d’éducation», déplore tristement Jean-François Cachemaille, qui ne connaît que trop bien ce phénomène, tout comme les autres agriculteurs. «C’est la deuxième vache chez nous, l’autre a pu être sauvée par l’aimant. Une autre est décédée d’une hémorragie interne, on ne sait pas si c’est également dû à un corps étranger ingurgité», ajoute-t-il.
En plus de la perte économique conséquente, s’élevant à environ 5 000 francs, c’est surtout la souffrance qu’a vécu leur vache sur plusieurs jours qui brise le cœur des deux agriculteurs.
A ce jour, l’histoire de Happy New Year a été partagée 36 000 fois et a reçu 4600 commentaires sur Facebook. «C’est allé jusqu’au Canada!», affirme Sébastien Delay. «La photo a choqué, on me l’a même reproché. Mais il faut montrer la vérité», ajoute-t-il en déplorant un manque de communication autour des dégâts que les citoyens peuvent causer aux animaux.