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Les ICN font peau neuve à Yverdon-les-Bains

31 juillet 2014

Tous les InterCity de la flotte des CFF s’arrêtent durant un mois aux Ateliers industriels de la Cité thermale. A peine plus de dix ans après leur mise en circulation, les trains y sont révisés et complètement modernisés.

Dans la halle des Ateliers industriels, chaque partie de l’ICN est vérifiée et rénovée. Plus de 1000 articles seront changés sur le train.

Dans la halle des Ateliers industriels, chaque partie de l’ICN est vérifiée et rénovée. Plus de 1000 articles seront changés sur le train.

Vêtu de gilets oranges et équipé de lunettes de protection, chaque ouvrier sait exactement ce qu’il doit démonter sur l’ICN. Ils sont une cinquantaine à s’activer autour du train. Les portes, les plafonniers, les radiateurs sont démontés, alors que les tapis sont arrachés et que les 450 sièges sont dévissés pour être envoyés à Olten, où ils seront retapissés avant d’être à nouveau fixés dans les wagons.

Le RABDe 500-1, l’un des tout premiers ICN entrés en service entre 2000 et 2002, est bichonné. Le train, long de 190 mètres, est arrivé dans l’impressionnante halle des Ateliers industriels des CFF, à Yverdon- les-Bains, lundi, pour être entièrement rénové. La rame, surnommée Jean Piaget, en l’honneur du psychologue suisse, ressortira comme neuve, trente jours plus tard pour reprendre ses voyages à travers la Suisse en offrant un maximum de confort et de sécurité à ses passagers.

«Nous effectuons actuellement la maintenance lourde des ICN, explique Charles Runge, chef de site, à Yverdon-les-Bains. La révision dite numéro trois (R3) a lieu environ tous les dix ans, il s’agit d’une véritable modernisation des rames.» Les ateliers de la Cité thermale, spécialisés dans la réparation et la révision des locomotives et des rames automotrices, reçoivent ainsi, un à un, les 44 InterCity de la flotte. Depuis mai 2012, treize trains sont déjà ressortis des halles yverdonnoises. Ils ont notamment été repeints, équipés d’amplificateurs de signal 3G et 4G, de nouvelles toilettes, ainsi que de pantographes et de bogies entièrement rénovés.

Mille articles en 22 jours

Tous les composants du train sont passés en revue.

Tous les composants du train sont passés en revue.

«Nous n’avons pas de fosse pour travailler sous le train, fait remarquer Vincent Robert, responsable de production. A l’aide de 28 vérins, nous soulevons donc tout le train pour effectuer l’entretien.» En 22 jours ouvrables, le train doit être prêt à reprendre son activité. «La principale difficulté, avec ces ICN, c’est que tout le train doit être traité simultanément », indique Vincent Robert.

Ces rames sont en effet automotrice, il n’y a plus de locomotive à proprement parler puisque l’équipement est réparti sur toute la longueur du véhicule, qui compte huit moteurs, il n’est donc pas possible de remplacer un wagon qui ne serait pas prêt par un autre. Mais le responsable de production n’est pas inquiet, environ mille articles seront changés dans les délais. «Nous avons déjà réduit au maximum le temps de passage aux ateliers nécessaire à la révision», précise Thomas Schnellmann, le chef de projet R3, avant d’expliquer que l’opération la plus longue est la peinture du train. Il faut quatre jours pour poncer la rame, la repeindre et bien laisser sécher. Et avant de parcourir près de 350 000kilomètres par année, le véhicule effectue toute une série de tests statiques et dynamiques.

Charles Runge le chef de site d’Yverdon-les-Bains dans la cabine.

Charles Runge le chef de site d’Yverdon-les-Bains dans la cabine.

Dans environ trois ans, les rames s’arrêteront dans les halles d’Yverdon-les-Bains pour la révision numéro un. «C’est un entretien moins conséquent, qui comprend notamment le changement des roues», explique le chef de site Charles Runge. «Il faut compter environ 8000 heures de travail pour faire la révision R3 sur une rame, alors que les deux autres, R1 et R2, demandent 1000, respectivement 2000 heures de travail», précise Vincent Robert. La fin des opérations de rénovation des 44 ICN est prévue en 2019. Mais d’ici là, 18 trains repasseront par le Nord vaudois. Ils devront être spécialement équipés pour traverser, en toute sécurité, le tunnel du Gothard, dont l’ouverture est prévue en 2016.

 

Les ateliers CFF prêts à s’agrandir

Les Ateliers industriels des CFF basés à Yverdon-les-Bains se portent bien. De plus en plus de trains passeront au travers de leurs halles, qui peuvent recevoir, à l’heure actuelle, qu’une rame après l’autre.

Alors que l’entreprise inaugurera, en octobre prochain, une nouvelle halle pour la révision des moteurs, d’autres projets se dessinent. «Nous prévoyons une extension du côté gare», indique Charles Runge, chef de site à Yverdon-les-Bains. Alors que le bâtiment ne couvre, pour le moment, qu’une seule voie de chemin de fer, l’agrandissement prévu devrait permettre de disposer de deux voies couvertes supplémentaires. La production pourra ainsi être augmentée. «L’extension est prévue pour 2018, 2019», précise Charles Runge.