Yverdon-les-Bains – Une nouvelle méthode a été mise en place pour rassurer les petits qui doivent subir une opération.

Coralie Gros accompagne les enfants avant leur opération. Pour focaliser leur attention sur autre chose, elle transforme l’entrée à la salle d’opération en une véritable aventure.
L’hypnose a fait son entrée au sein du service de pédiatrie de l’Hôpital d’Yverdon-les-Bains. Depuis le début de l’année, Coralie Gros et ses collègues accompagnent de manière systématique les enfants dans cette démarche, avant qu’ils ne rejoignent la salle d’opération. Hier matin, ils étaient cinq à attendre patiemment, sans cris ni pleurs, leur tour pour pouvoir passer sur le billard.
Pas besoin d’un pendule ou de pouvoirs psychiques pour parvenir à calmer les enfants. L’infirmière utilise l’hypnose conversationnelle. Elle est équipée d’une boîte de docteur en plastique et d’un album photo, pour présenter aux enfants ce qu’ils vivront le jour de leur opération. «Nous les préparons à cette expérience sans rien leur cacher, en leur racontant une histoire. Cette démarche permet de dédramatiser et de diminuer leur inquiétude», explique Coralie Gros.
Pour pouvoir rencontrer le chirurgien, les enfants doivent passer par différentes étapes qui leur sont présentées de manière romancée, lors de la visite préanesthésique. «Ils doivent se déguiser en mettant une chemise et un bonnet, montrer leurs gros muscles lorsqu’on leur prend la tension, respirer dans un masque comme les superhéros et se préparer à être séparés de leurs parents lorsqu’ils arriveront au «coin des bisous», raconte l’infirmière. La base de l’hypnose est de focaliser l’attention sur autre chose que sur ce qui pose problème.»
Couché à plat ventre dans son lit, Soraia discute en rigolant avec ses parents. Elle est déjà venue, la semaine dernière, voir comment les choses allaient se dérouler et ces deux petits frères se sont déjà fait enlever les amygdales. Aucun signe de crispation ne se lit sur le visage de la petite de 9 ans, qui est prête à rêver, durant l’opération, qu’elle se trouvera sur sa plage préférée, au Portugal.
A côté d’elle, Liam, 4 ans et demi, termine une partie de domino avec son papa. «On fait un autre jeu!», lui lance-t-il, sans se soucier de son opération des végétations. «Mon seul point de comparaison, pour l’accueil à l’hôpital, date de vingt ans et ça n’était pas du tout comme ça. On ne recevait aucune explication, lance son papa, Philippe Oguey. Il ne stresse pas, c’est une bonne chose. La méthode semble fonctionner, en tout cas pour les enfants!»
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Andrea, 5 ans et demi, est absorbé par un dessin animé. Il ne semble pas remarquer que sa maman fait tout son possible pour ne pas céder à la panique. Bien que, ces derniers jours, Andrea comptait les dodos qui restaient avant son ablation des amygdales, il n’était, le matin même, plus du tout motivé par l’idée de se rendre à l’hôpital. «C’était difficile de partir de la maison, mais il s’est calmé», note son papa. Avec son doudou, équipé lui aussi d’un bonnet, le petit garçon a rejoint la salle d’opération sans stresser. «Il a pleuré un peu à son réveil, mais il s’est vite rendormi. Ça s’est mieux passé que ce que l’on espérait.»