L’alliance rose-verte reste majoritaire
2 avril 2012Nuria Gorrite (PS), Béatrice Métraux (Verts) et Anne-Catherine Lyon (PS) ont largement devancé Claude-Alain Voiblet (UDC). Un nouveau défi pour le Canton.

Le Conseil d’Etat version 2012-2017: Vincent Grandjean, chancellier, Béatrice Métraux, Jacqueline de Quattro, Pascal Broulis, Anne-Catherine Lyon, Pierre-Yves Maillard, Philippe Leuba et Nuria Gorrite.
Pour la première fois en Suisse, les femmes sont majoritaires dans un Gouvernement cantonal. En effet, après Jacqueline de Quattro, élue au premier tour avec ses collègues du PLR Pascal Broulis et Philippe Leuba, et Pierre-Yves Maillard (PS), Nuria Gorrite (PS), syndique de Morges, fait une brillante entrée au Conseil d’Etat avec ses collègues sortantes Béatrice Métraux (Verts) et Anne-Catherine Lyon (PS). Cette dernière, doyenne du Gouvernement, paie sans doute des relations orageuses avec le corps enseignant, mais, pour l’alliance rose-verte, l’objectif est atteint: elle confirme la majorité gouvernementale acquise en décembre dernier lors de l’élection partielle.
Le Conseil d’Etat de la législature 2012-2017 se trouve confronté à un grand défi: rechercher de nouveaux équilibres avec un Parlement qui reste bien ancré à droite.
L’informatique ayant fonctionné à la perfection -le conseiller d’Etat sortant François Marthaler arborait un grand sourire-, les résultats sont tombés très rapidement. Ce qui a contraint les élus de l’alliance rose-verte à s’élancer vers le Château cantonal en cortège, bien avant que tous les militants ne les aient rejoints.
Pas de triomphalisme
L’ambiance était bien sûr à la fête dans le camp de la gauche -même le «retraité» Josef Zysiadis a fait une apparition à la salle du Bicentenaire-, mais sans excès de triomphalisme. Président du Gouvernement en puissance, Pierre-Yves Maillard notait d’ailleurs «que les Vaudois sont attachés à un système de compromis». Il va donc bien falloir trouver un équilibre avec la majorité parlementaire pour faire passer les projets essentiels.
Les résultats du scrutin
1. Nuria Gorrite, PS 74 438, 53,08% Elue
2. Béatrice Métraux, Verts 73 325, 52,29% Elue
3. Anne-Catherine Lyon, PS 70 165, 50,04% Elue
4. Claude-Alain Voiblet, UDC 62 480, 44,56%
5. Emmanuel Gétaz, Vaud Libre 12 485, 8,90%
141 621 bulletins délivrés. Majorité: 70 115. Participation: 35,62%
Le candidat de l’UDC a bien mieux résisté qu’on ne le prévoyait
«Claude-Alain Voiblet a manqué de temps»
«Il a manqué du temps à Claude-Alain Voiblet. On a vu que lorsqu’il rencontrait les gens sur le terrain, il passait bien.» Pour Philippe Leuba, conseiller d’Etat sortant PLR, réélu au premier tour, une campagne un brin plus longue aurait sans doute bénéficié au candidat UDC. Cela aurait-il suffi pour inquiéter Anne-Catherine Lyon? Sans doute pas.
Philippe Leuba constate en effet que la «politique trop centraliste de l’UDC Suisse fait fi des sensibilités cantonales». Autrement dit, elle nuit d’une certaine manière à l’UDC vaudoise. Et d’ajouter: «La politique repose d’abord sur les cantons.»
«On a fait une belle campagne», relevait pour sa part Pascal Broulis, en «prenant acte» du choix opéré par le peuple. Il relevait par ailleurs que l’alliance PLR-UDC, mais aussi celle incluant les Vert’Lib et le PDC, avaient bien fonctionné.
Claude-Alain Voiblet partageait l’analyse de Philippe Leuba: «Il aurait fallu quelques semaines de campagne de plus. J’ai en effet rattrapé une partie du retard par rapport au premier tour. J’ai vécu des débats gratifiants et je pense que l’alliance avec le PLR a bien fonctionné.» L’UDC sera absente du Gouvernement alors qu’elle représente le 20% de l’électorat. La succession de Jean-Claude Mermoud n’a-t-elle pas été mal préparée? «C’est sûr que son décès a créé un moment de flottement», relève celui qui est aussi secrétaire général de l’UDC vaudoise.
Elle va quitter la présidence du PSV
Cesla Amarelle heureuse
La majorité férminine et de gauche au Gouvernement, c’est aussi le résultat d’un travail de fond assumé par l’Yverdonnoise Cesla Amarelle et le secrétaire général Arnaud Bouverat (Orbe). La conseillère nationale passera la main, à la tête du Parti socialiste vaudois, à la fin du printemps pour se consacrer entièrement à son mandat fédéral. «Je suis extrêmement contente et émue. Quatre femmes dans un Gouvernement cantonal, c’est du jamais vu! C’est un magnifique signal pour les femmes.»