Mobilisation pour sauver l’Auberge
4 juin 2014Malgré une vente aux enchères ordonnée, aujourd’hui, par l’Office des poursuites, le patron de l’Auberge de l’Union à Concise ne s’avoue pas vaincu.
L’Auberge de l’Union de Concise est en mauvaise posture. Une vente aux enchères du matériel de l’établissement a lieu aujourd’hui, à 14 heures. Mais ni Willy Isler, propriétaire du fonds de commerce, gérant et cuisinier du restaurant, ni les villageois, ne veulent voir fermer ce lieu de rencontre, qui propose des hamburgers, tout comme des menus de chasse, et qui accueille, chaque année, la célèbre Fête de la bondelle.
«Concise comptait cinq bistrots, maintenant il n’y en a plus que deux, déplore la syndique Carole Zamora. Personne ne veut voir l’Auberge fermer, un restaurant ne suffirait pas dans le village.»
Willy Isler, originaire de Montréal, est arrivé en septembre 2010 à Concise. «Je suis tombé amoureux de cette auberge», explique le père de famille. Le cuisinier a alors décidé de reprendre l’établissement. «J’ai malheureusement géré l’auberge comme un chef de cuisine et je me suis pris une grosse claque», explique-t-il. Engageant trop d’employés et ne parvenant pas à régler ses factures à temps, Willy Isler a été mis en poursuite. «Les frais et les intérêts demandés ont ensuite eu un effet boule de neige, mais je ne peux m’en prendre qu’à moi même», déplore le gérant, qui espérait pouvoir remettre les comptes à zéro après l’été 2014. «C’est durant les beaux jours, avec la terrasse, qu’on bosse le plus», explique-t-il. Manque de chance, la saisie a lieu avant que la terrasse ne puisse se remplir, alors que le gérant avait déjà tout prévu pour retransmettre la Coupe du Monde.
Willy Isler ne baisse pourtant pas les bras. «Même s’il ne me reste rien, j’ouvrirai demain. Je servirai du café dès 8h15 et à dîner », assure-t-il avec détermination. Pour le soutenir et sauver l’Auberge de l’Union, une «pasta party», dont les bénéfices lui seront offerts, est organisée, aujourd’hui à midi, par les habitants de Concise. «C’est un très beau geste envers ce restaurateur qui fait tout lui-même et qui a adapté sa carte aux goûts des habitants », commente Carole Zamora.