Yverdon-les-Bains – Olivier Glardon pensait profiter de sa retraite pour se consacrer à sa passion pour la brocante. Le voilà élu à la présidence de la Société des vétérinaires suisses, une fonction dans laquelle ce passionné entend s’investir pleinement.
Sa retraite aura à peine duré trois mois. Et tant pis pour sa passion pour la brocante, à laquelle il pensait désormais s’adonner. «Mon idée, c’était de réparer tous les meubles et les objets que j’ai stockés et de faire des marchés. Ça va se décaler un peu!» Olivier Glardon ne l’avait pas prévu mais le voilà reparti pour un nouveau challenge. Le vétérinaire, qui a fondé le cabinet des Jordils en 1988 à Yverdon-les-Bains, est en effet le nouveau président de la Société des vétérinaires suisses (SVS) depuis fin novembre, après le départ inattendu de Christoph Kiefer. Et il a du pain sur la planche: «C’est une fonction à 50% au moins, mais si on veut bien faire les choses, c’est plutôt un travail à 70 ou 80%», note-t-il.
A 65 ans, Olivier Glardon n’est plus à une nouvelle aventure près. Il y a huit ans, il avait déjà pris un virage professionnel en rejoignant l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), dont il a pris congé le 30 septembre dernier. Il y était responsable de l’accréditation des filières de formation postgrade pour les pharmaciens, les dentistes, les chiropraticiens et les médecins: tout un symbole pour un vétérinaire! A côté, il avait gardé un pied dans son cabinet, tout en étant chargé de cours à la faculté Vetsuisse, deux activités qu’il poursuit encore aujourd’hui à temps réduit.
Arrière-petit-fils de paysan
Ancien président de la Société suisse des petits animaux et bien connu des auditeurs de la RSR, le dimanche matin, pour son rôle de Monsieur Vétérinaire, Olivier Glardon ne semble jamais reculer. Comme lorsque, enfant, il s’éloignait de son domicile lausannois durant les vacances pour aller travailler dans une ferme à Maracon (VD). Le travail dans les champs avec les chevaux, la proximité avec le bétail, les naissances des veaux: tout ça l’a durablement marqué. Et sans doute réveillé ses gênes: «Mon grand-père était fils de paysan mais il n’avait pas pu garder le domaine», raconte celui qui est né d’un père pasteur et d’une mère institutrice. Il n’en fallait pas plus pour que le petit Olivier se décide: «Depuis l’âge de 10 ou 12 ans, je savais que la seule option, pour moi, serait de devenir vétérinaire!»
Un pied au Papiliorama
Il n’a pas failli à la promesse qu’il s’était faite, poussant l’exercice jusqu’à effectuer différentes formations postgrades, pour se spécialiser notamment en cardiologie et en acupuncture. Et c’est au sortir de ses études qu’il avait adopté Samy, son premier chien, après avoir partagé son enfance avec des perruches et des canaris. «Il était malade et il avait été amené par la SPA (ndlr: Société protectrice des animaux) à Berne pour y être soigné. On l’avait sauvé et, comme personne ne le voulait, je l’avait gardé.» Depuis, Samy a cédé sa place à Gaya, un labrador, mais également à deux chats, des poissons, deux pogonas – des petits reptiles – et un serpent baptisé Kha que sa compagne, également vétérinaire, et lui hébergent à leur domicile. Passionné par les chevaux, à qui il dispense des soins phytothérapeutiques et d’acupuncture, il confie qu’il n’a jamais eu ni le loisir ni la place pour en posséder un. «Si j’avais le temps aujourd’hui, je ferais de l’attelage», glisse cet ancien officier vétérinaire dans les troupes hippomobiles de l’Armée.
Si le temps lui manque pour les équidés, il en a trouvé pour écrire un Manuel de savoir-vivre cynologique plein d’humour, publié en 2012, tout en élevant quatre enfants. Et comme si cela ne suffisait pas, il veille également sur les hôtes du Papiliorama de Chiètres (FR) à raison d’une demi-journée tous les dix jours. «Au départ, on m’avait demandé de venir faire de l’acupuncture pour un kinkajou (ndlr: un mammifère arboricole et nocturne) qui avait des problèmes de dos et qui tombait de son arbre. Ça avait plutôt bien marché!»
Olivier Glardon a sans conteste plus d’une corde à son arc japonais – un autre de ses dadas – et de l’énergie à revendre, lui qui aime se laisser surprendre. «J’ai posé ma candidature pour la présidence de la SVS sans trop savoir ce qu’il allait se passer!» Le voilà désormais en piste, et pour au moins quatre ans.