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Montagny rejette la méthode AggloY

8 novembre 2010

La Municipalité a annoncé vendredi qu’elle ne signerait pas le protocole additionnel du projet d’agglomération. Elle veut conserver son indépendance de décision.

Pierre-Alain Lunardi et Frédéric Rohner entourent le syndic Linus Auer et font bloc pour dénoncer le processus d’AggloY.

Pierre-Alain Lunardi et Frédéric Rohner entourent le syndic Linus Auer et font bloc pour dénoncer le processus d’AggloY.

«Nous n’avons pas besoin d’une strate supplémentaire dans le processus de décision et nous ne signerons pas le protocole d’accord additionnel.» La délégation composée du syndic Linus Auer, du vice-syndic Frédéric Rohner et du municipal Pierre-Alain Lunardi est on ne peut plus claire.
En principe, ce protocole devrait être signé le 18 novembre prochain. Et, outre le processus, ce que ces élus locaux ne supportent pas, c’est d’être mis sous pression par les technocrates. Ils sont déterminés à conserver leur pouvoir décisionnel, notamment en ce qui concerne la procédure d’adoption des plans d’affectation. Leur sentiment est, qu’au travers du projet d’agglomération, on tente de leur faire «avaler» un nouveau type de procédure dans lequel ils se trouveraient «pieds et poing liés».

Un rôle alibi?

«Nous avons pu constater que tout ne nous a pas été dit au départ. Nous avons participé aux nombreuses séances et lorsque les projets sont soumis au comité de pilotage (COPIL), on presse les communes pour valider rapidement tel ou tel document», explique Frédéric Rohner. Et d’ajouter: «Nous avons le sentiment de ne jouer que le rôle d’alibi. Tout cela est absolument désagréable.»

La décision de ne pas signer le protocole additionnel n’a pas été prise à la légère. En effet, les autorités de Montagny-près-Yverdon ont consulté un homme de loi, et elles ont proposé de modifier le processus de décision. «Il s’agissait de ne pas être aussi intrusif par rapport à notre aménagement du territoire», explique Frédéric Rohner, qui, paraphrasant un célèbre général, parle d’une «espèce de machin» en évoquant les procédures appliquées dans le cadre d’AggloY.

Opposition dénoncée

Les autorités de Montagny réagissent fortement aux différentes interventions des autorités d’Yverdon-les-Bains. La dernière en date concerne l’opposition formulée mi-octobre par la Ville voisine contre un projet d’extension de l’immeuble Charmagny, En Chamard, projet présenté par Gonset Immobilier.
«Yverdon n’est pas directement riveraine de ce projet-là. C’est un sujet supplémentaire d’irritation», relève le chef de l’Exécutif de Montagny.

Le syndic Linus Auer met aussi en cause les manoeuvres yverdonnoises visant à empêcher l’extension du Centre Coop En Chamard, dont la procédure aboutissant à la délivrance du permis d’implantation n’a pas été de tout repos. Il a en effet fallu l’intervention du conseiller d’Etat Jean-Claude Mermoud pour apaiser, un tant soit peu, les tensions entre les deux municipalités.

Jean-Claude Mermoud va d’ailleurs offrir ses bons offices afin de rétablir un dialogue qui paraît sérieusement compromis.

La Municipalité dénonce l’attitude d’Yverdon

Afin d’essayer d’aplanir les difficultés, le conseiller d’Etat François Marthaler a reçu, fin octobre, les représentants de Montagny durant près de trois heures. Le chef du Département des infrastructures a ensuite écrit aux parties concernées, demandant notamment de préciser le processus de décision dans le cadre d’AggloY. Mais la Municipalité de Montagny estime que ce document n’offre pas «de garanties suffisantes». L’Exécutif de Montagny relève que «le rôle d’ingérence d’Yverdon par différentes mesures, sous prétexte de l’Agglo n’est pas acceptable».

Le syndic d’Yverdon reste ouvert au dialogue…

S’il confirme l’opposition au projet Charmagny, le syndic d’Yverdon-les-Bains, Daniel von Siebenthal, conteste que la Ville se soit opposée à l’extension du centre Coop. Il reproche à la Municipalité de Montagny de ne pas avoir participé «aux deux ou trois dernières séances du COPIL». Pour le reste, le chef de l’Exécutif yverdonnois rejette en bloc les accusations de la Municipalité de Montagny. Il se montre rassurant en affirmant qu’en définitive, ce sont les autorités communales qui décident sur les mesures AggloY. Et de conclure: «En ce qui nous concerne, la porte reste ouverte.»