Déchets – Dans le cadre du débat sur le maintien ou non du point d’impôt pour Yverdon-les-Bains en 2018, la discussion a fait la part belle à la taxe sur l’élimination des déchets, considérée comme un impôt déguisé par la gauche.
Tout est parti, jeudi soir dernier, du préavis qui devait traiter du point d’impôt pour 2018 (lire ci-dessous). La discussion, au sein du Conseil communal d’Yverdon-les-Bains a alors rapidement concerné la taxe sur l’élimination des déchets.
Obligation légale
La première citée est entrée dans la discussion car elle apparaît, pour la gauche, comme un impôt déguisé. Légalement, cette taxe d’élimination des déchets est obligatoire et doit couvrir 100% des frais. A Yverdon-les-Bains, on est encore loin du compte (33%). Il faudrait donc l’introduire, et son montant pourrait avoisiner les 100 francs par personne. «Ce serait un coup dur pour les familles à revenu modeste qui ne paient aujourd’hui pas d’impôts, a estimé Stéphane Balet (PS). Leur budget en sera diminué d’autant.»
De son côté, le syndic Jean-Daniel Carrard a rendu le Conseil attentif au fait que la Ville n’avait pas le choix. «Nous sommes sommés d’atteindre 100% de couverture des frais par une taxe pour la gestion des déchets, a-t-il décrit. Mais des mesures d’accompagnement, à hauteur de 500 000 francs, sont prévues et le préavis devrait être présenté en novembre prochain.»
Pas d’augmentation du point d’impôt
Malgré les lourds investissements consentis par la Cité thermale, les Yverdonnois ne verront pas leurs impôts augmenter en 2018. En effet, le préavis de la Municipalité, qui prévoyait de conserver le point d’impôt à son niveau de 2017 (76,5) a été accepté à une courte majorité.
Si l’avis du Législatif avait été contraire, le taux pour 2018 n’aurait toutefois pas été modifié. En effet, les communes doivent annoncer leurs intentions au Canton d’ici au 30 octobre. S’il ne le fait pas, le taux de l’année en cours s’applique pour la suivante. Et comme le prochain conseil est prévu pour novembre…
Un coup de jeune planifié
Rénovation – Crédit substantiel accepté
Une solide enveloppe de 3 680 000 francs a été allouée, jeudi dernier par le Législatif yverdonnois, à la rénovation du bâtiment de la rue du Four 1, dont le rez-de-chaussée est occupé par le restaurant La Grenette. Cette somme permettra, d’une part, de remettre le bâtiment aux normes et de solidifier sa structure. D’autre part, le projet prévoit la modernisation du restaurant, ainsi que la rénovation des appartements situés dans les étages. La valeur de rendement de ces derniers a été débattue, selon plusieurs scénarios, sans pouvoir être chiffrée précisément, avant que le syndic Jean-Daniel Carrard n’intervienne, notamment face aux interrogations de certains conseillers qui estimaient que vendre ce bâtiment représenterait une entrée financière bienvenue. «Le raisonnement ne doit pas être basé sur les chiffres et uniquement sur le rendement, a-t-il noté. Ce bâtiment historique demeure indissociable de l’Hôtel de Ville. A Yverdon-les-Bains, tout n’est pas à vendre. Et ce bâtiment n’est clairement pas à vendre.»
Local d’injection en question
Drogues – Postulat déposé par Les Verts
La conseillère Fanny Spychiger, pour le compte du groupe des Verts, a déposé un postulat demandant à la Municipalité «d’étudier la possibilité de créer un espace de consommation sécurisé à Yverdon-les-Bains, ainsi que son éventuelle implantation.» L’an dernier, la consommation de drogue dans les toilettes publiques avait déjà inquiété un certain nombre de conseillers, mais n’avait pas débouché sur quelque chose de concret.
Si le débat sur l’implantation d’un «shootoir» dans la Cité thermale devait avoir lieu, le PLR Maximilien Bernhard a déjà fait savoir qu’il se posera en farouche opposant à la création d’un local d’injection.
Au-delà des aspects de contrôle de la consommation, d’hygiène et de sécurité, les questions du financement et du choix de l’endroit où cette hypothétique structure pourrait éventuellement voir le jour demeurent ouvertes. Le Conseil d’Etat a, par ailleurs, fait savoir que le Canton ne financera pas ce genre de local. Ainsi, la Ville ne devra compter que sur elle-même si elle décide de se lancer dans une telle entreprise.
Attendre Lausanne
Des locaux d’injection existent déjà à Bienne (réservé aux habitants de la Ville) et à Genève. Après de longues années de débats, la ville de Lausanne s’apprête également à franchir le pas et devrait ouvrir sa structure sous peu. D’après les premiers indices, une partie des conseillers yverdonnois désireraient attendre que le projet lausannois offre quelques enseignements, avant d’arrêter leur choix. De toute manière, la discussion formelle n’a pas encore commencé.