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Un été pour préparer au mieux le domaine skiable du Balcon du Jura

6 août 2015

Sainte-Croix/Les Rasses – La saison estivale est synonyme de travaux d’entretien sur les installations des remontées mécaniques. Reportage.

Cheffe d’exploitation, Katia Cruchaud actionne le tire-fort, afin de redonner de la tension au fragment de câble ayant été manipulé. © Michel Duperrex

Cheffe d’exploitation, Katia Cruchaud actionne le tire-fort, afin de redonner de la tension au fragment de câble ayant été manipulé.

Un groupe de personnes, masqué par un rideau de sapins, se démarque des nombreux marcheurs ayant profité de la météo favorable pour gravir les crêtes jurassiennes. Un câble tracteur monopolise leur attention. Ce nouveau fil conducteur de la remontée mécanique Avattes 1 est au coeur d’une opération d’épissure, c’est-à-dire de raccordement (lire ci-dessous), avec la participation du spécialiste Nicolas Dugerdil, de l’entreprise TPC Maintenance.

Un petit aperçu de l’attirail nécessaire aux travaux de maintenance. © Michel Duperrex

Un petit aperçu de l’attirail nécessaire aux travaux de maintenance.

D’un coût total estimé de 6000 à 7000 francs, la démarche fait suite à la nécessité de remplacer le précédent câble, victime d’accrochages. «En fonction des événements, de leur usure et du type d’appareil, ils ont une durée de vie allant d’une année à vingt ans», explique Alain Simon, le chef technique des Remontées mécaniques du Balcon du Jura.

Alain Simon, le chef technique des Remontées mécaniques du Balcon du Jura (à g.) et Nicolas Dugerdil, le chef monteur, en plein ouvrage. © Michel Duperrex

Alain Simon, le chef technique des Remontées mécaniques du Balcon du Jura (à g.) et Nicolas Dugerdil, le chef monteur, en plein ouvrage.

L’ancien modèle, installé il y a six ans, a été évacué à la fin de l’hiver. Nous en avons profité pour effectuer des travaux d’entretien sur les installations», précise Alain Simon.

Cette épissure d’un câble d’environ 1000 mètres de long d’un diamètre de 12 millimètres ne représente, selon lui, qu’«un centième» des actions menées, durant la belle saison, sur le domaine skiable déserté de Sainte-Croix/Les Rasses.

La station au peigne fin

Philippe Simon, le père d’Alain Simon, faisait partie de l’équipe d’entretien. Il présente la composition du câble (six torons et une âme) ayant bénéficié d’une épissure. © Michel Duperrex

Philippe Simon, le père d’Alain Simon, faisait partie de l’équipe d’entretien. Il présente la composition du câble (six torons et une âme) ayant bénéficié d’une épissure.

A cette période de l’année, les collaborateurs de la structure vérifient et, le cas échéant, remplacent ou réparent les moindres rouages de la station, pour que tout fonctionne pour le mieux lors du retour des adeptes de sports d’hiver. Une check-list permet de ne rien oublier: démontage complet pour contrôle des dispositifs d’arrêt d’urgence, vérification de la signalisation fixe sur les pistes de montée et, par exemple, qu’aucun arbre n’y pousse, interventions sur chacun des 55 pylônes, graissage et nettoyage des poulies, passage en revue de la visserie, examen méticuleux des infrastructures au départ et à l’arrivée des remontées mécaniques (station motrice et station de renvoi), sont un bref aperçu des actions effectuées.

La foudre, qui frappe volontiers sur ces hauteurs, occasionne des dégâts sur des pièces parfois minuscules. Des atteintes qui, si elles ne sont pas décelées à temps, peuvent être lourdes de conséquences pour les infrastructures et leurs usagers.

Météo favorable

«Avec cet été exceptionnel, nous avons beaucoup avancé en extérieur. Le gros est désormais réalisé. Nous pouvons commencer à nous pencher sur les tâches intérieures, comme l’entretien des enrouleurs et des perches, mais aussi des dameuses et des poulies déposées des pylônes dont il faut changer, par exemple, les roulement à billes» le roulement à billes», déclare Alain Simon.

L’épissure terminée, Katia Cruchaud, la cheffe d’exploitation des Remontées mécaniques du Balcon du Jura, actionne le tire-fort pour retendre le tronçon de câble sur lequel les travailleurs se sont affairés. Il regagnera, bientôt, son perchoir en hauteur pour conduire, cet hiver, skieurs et snowboarders vers les étendues d’or blanc. Mais avant cela, place à un apéritif bien mérité au pied du Téléski du Cochet.

 

Une épissure, c’est quoi au fait?

L’épissure vise à raccorder les deux extrémités d’un câble pour en faire une boucle. Un câble est composé de six torons -eux même composés de 19 fils tressés- «tordus» ensemble de manière à former un cordage très solide. Il s’agit de démonter cette fabrication afin de «remarier» les torons de chaque extrémité du câble neuf, ceci en effectuant six noeuds. Pour éviter une augmentation du diamètre du câble, chaque toron est «introduit» à l’intérieur du câble remplaçant ainsi son «âme», normalement constituée d’une corde en matière synthétique.

Dans le jargon, cette étape représente le «mariage» des deux extrémités.