Un oasis de nature à portée de main
6 octobre 2015Nord vaudois – La région du bas de la Menthue et du vallon des Vaux recèle de nombreux trésors que différents projets vont permettre de mieux valoriser.
Un cours d’eau s’écoulant paisiblement dans un pré au vert intense avec, en arrière-plan, un vallon boisé d’où se distinguent, ça et là, des falaises de molasse. Un calme absolu, uniquement rompu, de temps à autres, par le croassement d’un corbeau de passage.
Ce paysage idyllique, garant d’une vraie bouffée d’oxygène, est offert aux habitants de Donneloye, comme aux adeptes de ressourcement en pleine nature depuis deux ans, par le biais de la remise à ciel ouvert du ruisseau des Billardes. Jean-Philippe Deriaz, le garde forestier du Triage de Molondin, a pu constater l’impact de cette opération sur la population du village. «Au début, c’était la curiosité locale. Les habitants y viennent désormais volontiers, surtout l’été, pour profiter de la fraîcheur de l’endroit et mettre les pieds dans le ruisseau», observe-t-il. Pour valoriser encore plus ce havre de paix très apprécié et combler, par la même occasion, un manque pour la Commune de Donneloye, il a suggéré la réalisation d’un refuge forestier dans les environs. La mise à l’enquête de ce couvert en bois de 6 mètres sur 5, ouvert sur deux côtés abritant une table, avec un foyer pour les grillades à proximité est actuellement en cours. Les travaux devraient débuter cet automne, le but étant de mettre l’ouvrage -dont le budget est d’environ 30 000 francs- à disposition du public pour le printemps prochain.
L’infrastructure profitera aussi aux promeneurs du futur sentier pédestre de la réserve forestière de la Menthue. Cette boucle, envisagée entre La Chavanne de Cronay et le viaduc autoroutier de La Mauguettaz, donnera accès à un périmètre inexploité depuis cinquante ans, fief des chevreuils, des sangliers, des lynx, des salamandres, des libellules, où le castor a également fait son retour. «La réserve contient des habits variés et particuliers comme les steppes situées sur la molasse. Le tracé longera les crêtes, offrant une vue sur les terres cultivées et l’espace naturel en contrebas», commente Pierre Cherbuin, l’inspecteur forestier du 8e arrondissement. Il ajoute que le début des travaux est imminent, un événement surprise étant programmé dans le courant de l’année prochaine en lien avec ce projet.
D’une surface de 90 hectares depuis son extension, en 2012, la réserve de la Menthue appartient en grande majorité à l’Etat de Vaud, après un long processus de rachat de parcelles aux particuliers, et aux Communes de Cronay, Donneloye et Yvonand. Elle n’est pas très éloignée d’un autre îlot de nature: la réserve forestière du vallon des Vaux, créée en 1975. «Les agriculteurs de la région ont cédé leurs parcelles en pente à l’Etat de Vaud. Le transfert a été effectué gratuitement, à condition que le Canton crée une réserve.»
Un précieux héritage
La démarche n’est pas anodine, dans la mesure où elle permet, selon Pierre Cherbuin, de mieux comprendre, par analogie, les réactions locales lors de la fermeture de la Tour Saint-Martin, située dans la zone protégée et également acquise par le Canton. «Les gens du coin sont attachés à leur héritage. Un agriculteur m’a, par exemple, fait remarquer que son grand-père avait cédé sa parcelle pour réaliser une réserve, et non pour exploiter le bois lors de travaux d’entretien d’une lisière de forêt sur l’ancien terrain familial», déclare Pierre Cherbuin.
Le cercle de nature de 72 hectares du vallon des Vaux, à cheval sur les Communes de Chavannes-le-Chêne, Chêne-Pâquier, Molondin, Rovray et Yvonand devrait, dans un horizon de dix ans, être nanti de onze hectares supplémentaires. Un sentier, particulièrement prisé des campeurs les chaudes journées d’été, le traverse déjà. Il sera doté d’une signalétique commune à celle de la réserve de la Menthue. Le coût des travaux portant sur les deux sentiers est estimé à quelques dizaines de milliers de francs, à la charge des collectivités publiques. «Il sera bientôt possible, pour les courageux, de consacrer une demi-journée à chaque itinéraire», conclut Pierre Cherbuin.