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Un projet pour dompter la Brinaz

14 avril 2014

Le futur aménagement de la Brinaz a été présenté aux habitants, jeudi dernier. Le lit de la rivière sera élargi pour éviter de nouvelles inondations.

Une cinquantaine de personnes ont découvert le projet d’aménagement de la Brinaz, jeudi dernier, à Grandson.

Une cinquantaine de personnes ont découvert le projet d’aménagement de la Brinaz, jeudi dernier, à Grandson.

Une cinquantaine de personnes se sont rendues, jeudi soir, à Grandson, pour découvrir le projet d’aménagement de la Brinaz, un projet qui se veut une réponse à un besoin urgent de sécurité pour les communes de Montagny-près-Yverdon, de Valeyres- sous-Montagny et de Grandson.

Malgré les airs inoffensifs de ce petit ruisseau, la Brinaz représente un réel danger naturel. Le dernier événement marquant date de 1987, lorsqu’elle est sortie de son lit et que ses 40m3 d’eau par seconde ont tout emporté sur son passage.«Une pareille crue représenterait, aujourd’hui, plus de 50 millions de francs de dégât», a expliqué Philippe Hohl, président de l’entreprise de correction fluviale de la Brinaz, qui étudie les solutions envisageables pour sécuriser les zones de Fiez Pittet et d’En Chamard, depuis 2009.

Pour permettre le développement de ces lieux en toute sécurité, «il faut donner plus de place à l’eau pour la laisser passer», a expliqué Philippe Hohl, avant de présenter le projet dans sa globalité. Pour augmenter la capacité de la rivière et éviter son débordement, la solution proposée est d’élargir le lit de la rivière entre les différents ouvrages déjà construits à proximité du cours d’eau et, lorsque ceci n’est pas possible, d’approfondir la rivière et d’augmenter la pente pour que l’eau s’écoule plus rapidement.

«Nous nous retrouverons donc, par endroit, avec un lit beaucoup plus large que celui observé aujourd’hui. Et dans ce lit, appelé lit majeur, nous allons maintenir un chemin préférentiel pour garder, lors des jours comme aujourd’hui, cette petite rivière d’une dizaine de centimètres», a précisé Caroline Valeiras, ingénieur de l’entreprise de correction fluvial. De plus, une herse sera installée en amont, à Valeyres-sous- Montagny, pour retenir les flottants qui pourraient se bloquer sous les huit ponts qui traversent la Brinaz.

Bien que le montant des travaux n’est pas définitif, un chiffre de l’ordre de 10 millions a été évoqué durant la séance. «La Confédération payera la plus grande partie de la facture, seul le 10% sera réparti entre les deux communes (Grandson er Montagny, ndlr.)», a rassuré le président.

La mise à l’enquête, qui a débuté en début de semaine passée, se terminera en octobre prochain. Si tout va bien, les travaux pourront débuter l’automne prochain, pour se terminer dans deux ans.

Réactions mitigées autour du projet de la Brinaz

Le projet d’élargir le lit de la Brinaz ne plaît pas à tout le monde. Une vingtaine des propriétaires seront touchés par le projet et, pour certains, l’expropriation pose problème.

Le cas le plus marquant est celui du Café de la Brinaz. L’élargissement qui aura lieu à l’entrée de Montagny empiétera sur le parking de l’établissement. Les propriétaires perdront donc la moitié de leur zone bétonnée, qui permet le stationnement des véhicules de leurs locataires (ce qui représente une dizaine de voitures) et de leurs clients. «J’ai vite une vingtaine de voitures sur cette place, et il y a des routiers qui s’arrêtent ici. Où vont-ils parquer leur camion ?, s’inquiète la fille de la propriétaire, qui gère le café. Surtout que la route a déjà été rehaussée il y a quelques années et que notre maison n’a pas été touchée par les inondations de 1987.»

Bien que chaque propriétaire ait déjà été consulté, des négociations doivent encore avoir lieu. Pour d’autres, le projet est une aubaine. Certains se réjouissent de voir, au fond de leur jardin, une jolie rivière, parfaitement aménagée, ou de pouvoir construire sans craindre les crues.