Un quart de siècle d’innovation
21 juillet 2015Yverdon-les-Bains – Voici 25 ans, la première pierre du parc technologique était posée. Sandy Wetzel, le directeur d’Y-Parc, parle de la vocation du site et des défis à venir.
Trois bâtiments, soit une surface de 20 000 m2 à remplir, un incubateur d’entreprises (Y-Start) à mettre en route et un parc technologique à sortir de l’ombre après des années de conjoncture défavorable. Sandy Wetzel ne manquait pas de défis le 1er mars 2012, lors de son arrivée à la tête d’Y-Parc. Le parc scientifique et technologique situé au sud de la ville d’Yverdon-les-Bains a été créé pour relancer l’économie de la région après la disparition de plusieurs moteurs de son industrie. Qu’est-il devenu aujourd’hui, 25 ans après sa création? Son directeur fait le point.
«Dans les années 2000, on a assisté à un boom sur l’arc lémanique, où de nombreuses grandes entreprises internationales se sont implantées. Mes prédecesseurs ne disposaient que de quelques centaines de m2. Ils ont donc, sans doute, dû laisser échapper certains gros projets. Par conséquent, ils ont réalisé des efforts importants pour attirer les investisseurs immobiliers», commente le directeur d’Y-Parc.
Au bénéfice de cet atout non négligeable, Sandy Wetzel ne cherche pas pour autant, en premier lieu, à attirer de gros poissons. Le repli des sociétés internationales et leur vision à court terme, qui plaide contre un ancrage local durable, l’encouragent à miser sur les PME et les start-up, des interlocuteurs qu’il connaît bien par le biais de son emploi précédent au sein de la promotion économique du Canton de Vaud.
Aujourd’hui, les 75% de l’espace disponible sont occupés, essentiellement par des PME, dont les deux-tiers sont suisses. Y-Parc accueillait, d’après les chiffres du 31 décembre passé, un total de 139 structures, pour 1156 emplois (entreprises et start-up confondues).
Le parc scientifique yverdonnois se positionne principalement dans la sécurité informatique, les technologies médicale et industrielle. Il s’agit des trois domaines d’excellence de la HEIG-VD en termes de recherche et développement, une institution avec laquelle Sandy Wetzel a des contacts quotidiens. C’est d’ailleurs de la haute école locale que proviennent la plupart des jeunes pousses au bénéfice du programme de l’incubateur Y-Start, une grande source de satisfaction pour le directeur d’Y-Parc. «Nous hébergeons en moyenne dix à douze start-up par année. Les demandes sont nombreuses et nous avons mis en place un comité pour sélectionner les projets de meilleure qualité», indique le directeur. Les entrepreneurs en herbe choisis se voient offrir plusieurs prestations, dont, notamment, des infrastructures clé en main et des services d’accompagnement.
Le but étant, à l’issue du programme de deux ans, de pouvoir compter sur leur implantation dans le périmètre d’Y-Parc. «Environ 80% d’entre elles y restent. En quatre ans d’activité, l’incubateur a généré environ 65 emplois dans la région», précise le directeur. Quelques anciens hôtes de l’incubateur ont déjà connu une belle évolution, à l’image d’Objectis et de Sysmosoft.
L’atout de la mixité
Selon le directeur du parc technologique, la mixité présente sur le site yverdonnois en fait sa particularité et sa force. «Les start-up sont confrontées à des réalités industrielles. Leurs membres peuvent, par exemple, échanger avec les responsables de production expérimentés de Schott et Heraeus. Ces derniers ont, quant à eux, contact avec l’écosystème d’innovation local», explique-t-il.
Malgré tout, l’accueil des grosses entités n’est pas négligé. «En début d’année, un gros projet porté par une entreprise du domaine industriel mondialement connue n’a, hélas, pas abouti. D’autres sont en cours», indique Sandy Wetzel. A ses yeux, Y-Parc est devenu «un acteur reconnu, sur le plan cantonal et fédéral. Il est le seul parc technologique de Suisse romande à pouvoir mettre à disposition 5 à 10 hectares du jour au lendemain», déclare-t-il.
Enfin, la participation au Soft Landing Program, qui vise le développement de collaborations avec les pôles d’innovation d’autres pays -l’University Science Center de Philadelphie est venue s’ajouter, en juin dernier, à Ota City (Japon) et au Teknopark Istanbul- est un autre cheval de bataille du directeur.
Le parc technologique en quelques dates clés
1986: Création de la société Y-Parc S.A.
1988: Adoption du plan directeur du futur site.
1990: Pose de la première pierre.
1991: Ouverture du Centre d’entreprises et d’innovations (CEI).
1993: Soutien du Canton de Vaud accordé à Y-Parc S.A.
1995: Légalisation des terrains du parc technologique.
1996: Installation du Centre d’études et de transferts technologiques de la HEIG-VD (CETT) sur le parc.
1999: Dépôt de la marque Y-Parc.
2002: Lancement de plusieurs projets de construction.
2011: Ouverture de l’incubateur d’entreprises Y-Start.Réalisation des principaux aménagements paysagers du parc.
2014: Adoption d’un nouveau plan partiel d’affectation.