Un Yverdonnois au coeur d’Air14
10 septembre 2014Julien Meister a participé à l’événement majeur de l’aviation militaire suisse organisé à Payerne en tant que pilote de démonstration. Il revient sur ces moments d’exception.
Quelques jours après la fin d’Air14, une activité inhabituelle règne sur le site de l’aérodrome de Payerne. Ce ballet incessant de véhicules en dit long sur l’envergure de l’événement au sein duquel l’Yverdonnois Julien Meister a joué un rôle bien en vue. «J’ai effectué huit démonstrations en solo et rencontré des gens de nombreux pays. C’était incroyable, l’un des sommets de ma carrière», déclare celui qui a fait l’étalage de ses compétences devant des centaines de milliers de spectateurs et les caméras du monde entier. Ses apparitions dans le ciel broyard avaient pour but de montrer les capacités du F/A-18, par le biais d’acrobaties à basse altitude. Des shows, réalisés à une vitesse moyenne de 1000 kilomètres- heure, fruits d’un travail de longue haleine. «Chaque année, un nouveau programme de démontration est établi. Pour celui-ci, j’ai beaucoup été coaché par mon prédécesseur. Il n’y a pas de place pour l’improvisation», tient à souligner le jeune homme de 34 ans.
Une fois dans les airs, le stress des heures de préparation d’avant vol cède sa place à une extrême concentration, une belle figure pouvant virer à la catastrophe en une fraction de seconde. Difficile de se rendre compte de l’importance de la foule dans ces circonstances. «Après mes vols, les mécaniciens me demandaient toujours s’il y avait du monde. Dimanche, lors de ma dernière démonstration, j’ai pu regarder le public une éternité, c’est-à-dire environ une seconde à deux reprises », plaisante Julien Meister.
Sa participation à Air14 s’inscrit dans son mandat de pilote de démonstration, une activité complémentaire ou «side job» réalisée parallèlement à son emploi du temps de pilote, pour laquelle il a été choisi parmi d’autres. «C’était l’année idéale pour commencer», estime l’Yverdonnois. Cette affectation lui fera porter, trois ans durant, la double casquette d’ambassadeur des Forces aériennes suisses auprès de la population et de représentant de celles-ci à l’étranger. Julien Meister profite d’ailleurs de ses quelques jours au sol -les vols devraient reprendre dès mardi à Payerne- pour organiser un voyage, dans deux semaines à Malte. Dans le cadre de ce type de mission, sa licence de pilote de ligne, réalisée chez Swiss, s’avère indispensable. «Nous allons effectuer le trajet par les voies aériennes civiles. Cette formation est importante», souligne-t- il.
Une importante sélection
Julien Meister, qui a grandi à Morges, faisait partie, à 17 ans, des 1800 inscrits aux cours destinés aux futurs pilotes des Forces aériennes suisses. Ils n’étaient plus que 38 à l’Ecole de recrues, puis onze à recevoir le brevet de pilote militaire. «Certains d’entre nous, qui aspiraient peut-être juste à voler dans de belles machines, ont abandonné. Il a fallu se battre, bosser, nous étions poussés dans nos derniers retranchements », se rappelle le dénommé Teddy dans le monde de l’aviation, l’attribution de noms courts, donc plus facilement audibles, aux pilotes, étant historiquement liée à la mauvaise qualité de la réception radio.
Julien Meister compte aujourd’hui parmi les cinquante personnes pilotant des F/A 18 en Suisse. Il apprécie la variété de son métier, dont il transmet les rouages en formant les jeunes générations. Une profession dont Air14 a servi, selon lui, a réhabiliter l’image auprès de la population après le résultat de la votation sur le Gripen.