Une dynastie derrière l’objectif
"Flâneries à Baulmes", Armand Deriaz II. © Carole Alkabes

Une dynastie derrière l’objectif

10 septembre 2019
Edition N°2578

Armand II Deriaz expose les photographies prises par ses aïeux, qui ont immortalisé le village de la fin du XIXe siècle aux années 1950.

«Cette exposition est un hommage à nos ancêtres qui nous ont légué un patrimoine très singulier, glisse Anne Deriaz. Ils ont commencé la photographie par nécessité, puis cela s’est transformé en passion.» Et son frère cadet, Armand II Deriaz, de renchérir: «Mon arrière-grand-père n’avait pas une conception particulière de son métier, son but était de nourrir sa famille. Mon grand-père a ensuite commencé à réaliser des cartes postales.» Conservateur de cette collection d’images – elle compte près de 5000 plaques, 400 photos originales et un millier de cartes postales – et instigateur de cette rétrospective, Armand II Deriaz estime que «c’était le moment d’ouvrir les archives familiales afin de les légitimer!»

Intitulée Flâneries à Baulmes, l’exposition regroupe des photos du village prises par Armand 1er et Alphonse II Deriaz, prises entre la fin du XIXe siècle et les années 1950. Ces clichés plongent le spectateur dans des ambiances d’autrefois. Ils passent ainsi d’une pièce où on entendrait presque les rires des enfants ou encore les conversations des soldats aux rues où s’élèvent les bruits de sabots des chevaux sur les pavés. Ces reliques du passé témoignent aussi des gestes des anciens de manière vivante et lumineuse.

Anne Deriaz affectionne particulièrement l’un des portraits de sa grand-mère, Élise Cachemaille. «C’était une femme très gaie et cultivée, mais elle était malade. Son seul travail de la journée consistait à préparer les rösti du matin, sourit sa descendante. Dans le village, il n’y avait qu’un photographe, Armand 1er, qui vivait seul. C’était un homme original et taciturne, qui ne sortait jamais. Tante Émilie avait suggéré de les marier et, ni une ni deux, elle a tout organisé.» Et d’ajouter: «Il devait l’aimer, quand on voit le nombre de portraits!» Grâce à l’Association de la défense du patrimoine photographique, un catalogue a été édité et il permet de découvrir le quotidien de nos aïeux.