Une formation pour faciliter la vie quotidienne
3 avril 2025 | Texte et photos: I. Ro.Edition N°La Région Hebdo No 5
Le Centre de compétences des opticiens a accueilli un module axé sur la basse vision.
«400 000 personnes de 50 ans et plus sont en train de perdre la vue en raison d’une dégénérescence maculaire liée à l’âge. C’est un vrai problème de santé publique», explique Hervé Richoz, rédacteur à la Fédération suisse des aveugles (FSA). Communicateur hors pair, lui-même malvoyant, le sexagénaire valaisan a participé la semaine dernière à un module de formation auquel étaient présentes des optométriciennes provenant de toute la Suisse romande, et désireuses de se spécialiser en basse vision.
Le Centre de cours pour l’optique (CCO), à Y-Parc, forme non seulement les apprentis opticiens, mais il accueille également des séminaires de formation continue. Dans ce cadre, sept optométriciennes ont participé la semaine dernière à un cours dispensé par une consœur reconnue comme l’une des meilleures spécialistes du domaine, l’Yverdonnoise Karine Schwarz.
Outre deux journées consacrées aux aspects sociaux et à l’accueil des personnes handicapées de la vue, les participantes se sont plongées dans la pratique avec Hervé Richoz, qui est suivi depuis un quart de siècle par Karine Schwarz.
Le temps de faire connaissance
Avant de passer aux opérations pratiques, les participantes ont interrogé leur client, comme le ferait n’importe quel thérapeute. «Ça ne se voit pas, mais je suis malvoyant», explique Hervé Richoz. Très jeune, il a souffert d’une forte myopie, corrigée avec des lentilles dures. Dès l’âge de 33 ans, la situation s’est dégradée. Il a subi l’ablation des cristallins. Et aujourd’hui? «Je bidouille avec ce qui me reste!»
Comment mène-t-il à bien ses différentes tâches à la FSA? De la rédaction des communiqués de presse, en passant par les articles, Hervé Richoz mise sur sa vision résiduelle. Quant à la sensibilité à la lumière, il a appris à l’occulter: «Le problème, par exemple lorsque je fais du ski, c’est de passer de l’ombre à la lumière. Je porte des lunettes adaptées.»
Ce patient hyperactif pratique le ski, la randonnée et l’escalade avec un guide. Et sa capacité d’adaptation est impressionnante: «J’ai un excellent sens de l’orientation. C’est un cadeau de la vie. Cela m’enlève énormément de stress.» Lorsqu’il vient au cabinet de Karine Schwarz, à Yverdon-les-Bains, il maîtrise sans problème le parcours depuis la gare. Par contre, se déplacer au parc technologique a été une source de stress. «Je compense avec beaucoup de préparation en amont. La prochaine fois que je viendrai ici, je serai moins paumé», explique-t-il.
L’état d’esprit contribue aussi à aplanir les difficultés: «J’avance dans la vie et je ne m’écoute pas trop.» Ce passionné de développement personnel, qui est aussi coach, voit principalement des masses. «Le cerveau compense. Je finis par voir parce que je sais que cela fait partie de l’environnement.»
Adapter les moyens aux besoins
Et à l’heure de passer aux opérations pratiques et différentes mesures, Hervé Richoz s’est volontiers prêté au jeu. Car face au problème de santé publique qui s’annonce, il veut contribuer à favoriser la formation en basse vision. Une spécialisation encouragée par l’Institut d’optométrie d’Olten et l’Union suisse pour le bien des aveugles (USBA).
Cette formation contribue en effet à trouver les moyens auxiliaires adaptés. «Le smartphone a révolutionné la vie des aveugles et malvoyants», explique Hervé Richoz, à titre d’exemple.