Alexandre Bernetti, enseignant à Yverdon-les-Bains, vient tout juste de prendre congé des bancs scolaires pour une retraite bien méritée. L’occasion de revenir sur la carrière d’un homme qui aura marqué le sport régional.
Il y avait un vrai engouement en ville, on se connaissait entre joueurs et supporters. On était que des mecs de la région et ça attirait le public. Je me rappelle que, même en 2e ligue, 1500 spectateurs se réunissaient parfois au stade pour nous voir.» Lorsqu’il évoque «la belle époque», Alexandre Bernetti s’exprime avec un brin nostalgie.
Sur le terrain à contrecœur
Chez ce tout frais retraité des bancs scolaires, le sport a toujours occupé une place prépondérante. A l’époque, il a commencé à jouer au football comme beaucoup d’autres gamins de son quartier. Ce n’est que sur le tard, à 14 ans, que l’Yverdonnois a rejoint un peu contre son gré Yverdon Sport. «Mon père m’avait inscrit sans me demander mon avis. Je n’étais bien évidemment pas ravi. Petit, je pratiquais beaucoup de sport, que ce soit le football, le handball ou encore le hockey sur glace, et je ne savais pas sur quel choix m’arrêter. Mon père l’a fait pour moi et je ne l’ai jamais regretté», raconte celui qui a porté durant onze saisons les couleurs d’YS.
Talentueux, Alexandre Bernetti a grimpé très vite les échelons et s’est retrouvé propulsé dans la première équipe à 17 ans. Attaquant de pointe, son point fort résidait dans son jeu de tête. «Je n’étais pas très grand, mais j’avais une assez bonne détente.»
L’ex-attaquant a réussi à marquer de son empreinte son club formateur. Il en est l’actuel troisième meilleur buteur de son histoire d’après les registres du club. «J’ai joué à YS de 1976 à 1987 et le livre des records ne commence à compter les buts qu’à partir de 1983. Si on avait pris toute ma carrière à Yverdon, je serais peut-être encore plus haut», explique l’ancien enseignant.
L’avant-centre est resté jusqu’à ses 28 ans dans le club de la Cité thermale. Certainement la plus belle période de sa carrière footballistique. «On jouait plein de derbies contre Orbe, Renens et Malley, toujours très suivis. Je me rappelle d’un match de coupe contre Neuchâtel Xamax avec plus de 5000 personnes dans les gradins. Ou encore à Orbe devant 2000 spectateurs amassés dans les talus, étant donné qu’il n’y avait pas de tribune. J’ai vraiment joué durant une belle période avec Yverdon. On a connu pas mal de promotions qu’on a bien pu fêter», ajoute le goaleador.
Après la fin de son aventure yverdonnoise, Alexandre Bernetti a poursuivi sa carrière en jouant à Echallens, Orbe et Grandson. Sa carrière, en ligue senior, s’est achevée avec Vallorbe-Ballaigues, à l’âge de 53 ans. «Ce que je retiens, ce sont vraiment les amitiés que j’ai pu créer grâce au football. Je rencontre encore fréquemment mes anciens coéquipiers.»
Un pied dans le «bad»
La vie sportive d’Alexandre Bernetti ne se résume pas qu’au football. L’ancien footballeur, qui va fêter ses 60 ans en août, a exercé une grande influence sur le Badminton Club Yverdon. Il est depuis toujours proche de Serge Duvoisin, le patron du centre de badminton. «Serge avait fondé le centre en Chamard, et je n’y allais pas tellement au début. Je m’y suis rendu petit à petit parce que je le connaissais. C’est ensuite que lui est venue l’idée de construire le centre de badminton d’Yverdon-les-Bains, étant donné que la génération des jeunes prometteurs, dont faisait partie Anthony Dumartheray notamment, commençait à monter et que le centre en Chamard ne rentrait pas dans les normes avec son toit de cinq mètres de hauteur. Comme j’étais son ami, je n’ai pas hésité à donner un coup de main. J’ai aidé à superviser les travaux et au niveau du sponsoring.»
Il poursuit: «J’ai tout de suite bien accroché avec ce sport. J’avais besoin d’intensité, j’ai retrouvé un peu les sensations de dépenses physiques que j’avais avec le football. Je me suis aussi investi dans le club parce que mon fils Thibault (ndlr: membre du BCY, joueur de Ligue B et remplaçant en Ligue A) a débuté et est à fond dedans. Désormais, je me propose volontiers pour aider le comité dans ses différentes tâches, comme l’organisation des tournois.»
Une vie bien remplie
Outre ses activités dans le badminton, la vie d’Alexandre Bernetti est encore bien rythmée par le sport. «Je pratique encore beaucoup d’activités physiques, que ce soit le golf, le ski ou encore le VTT. Je roule environ 2000 kilomètres par an», glisse le sportif de toujours. Et le jeune retraité ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. En effet, il ambitionne dans un futur plus ou moins proche de se rendre en Norvège puis de revenir en Suisse à vélo. Malgré sa retraite, la carrière sportive d’Alexandre Bernetti est loin d’être terminée.
Un match qui change une carrière
Lorsqu’il était plus jeune, Alexandre Bernetti avait pour ambition de devenir professeur de sport. Il s’apprêtait à passer les tests d’entrée en agrès pour l’université en sport lorsqu’une blessure au dos après un match de foot de 1re ligue à Leytron, en Valais, l’en a empêché. Ce couac l’a obligé à repousser ses examens d’entrée. Ces tests, l’Yverdonnois ne les a finalement jamais passés étant donné qu’il a rapidement commencé à enseigner des branches classiques, et ce jusqu’à sa retraite, en juin dernier. «Je n’ai aucun regret à ce sujet, j’ai commencé à enseigner et ça m’a directement plu, je n’ai donc jamais ressayé de passer ces tests», explique-le sportif accompli.